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Bon, on parle beaucoup de l’épée longue, un machin long. C’est un peu le « sabrejaponaistropdark » des arts martiaux occidentaux, promettant merveilles et swag aux jeunes godelureaux qui l’empoignent. L’épée longue, substitut phallique de rôliste en manque de table…

Ce que l’épée longue n’est certainement pas, même dans les romans.

Quoi ? Ça grince des dents ? Allons, camarades, qui n’a jamais fait une moue dégoûtée et prononcé les mots « moua je fais de la bâtarde monsieur, pas de l’escrime ou du sport, mais un art martial, comme dans Mars dieu de la guerre ». Oui, voilà, c’est bien ce que je pensais. Et bien aujourd’hui, on ne parlera pas d’épée longue. D’abord parce que c’est chiant. Tout le monde en cause, tout le monde sait tout dessus, tout le monde a lu, tout le monde a raison.

Non, aujourd’hui, nous parlerons du coutelas. Du messer, du dussack, du coutel, du fauchon, de la storta, de toutes ces petites choses, qui coupent et qui se manient à une main, avec un tranchant et un dos, plus rarement un contre tranchant, mais toujours avec une classe absolue. Le coutelas c’est beau, c’est bien, ça ne mange pas de pain. Et on peut même en couper avec, du pain.

PREAMBULE CHIANT

Mais quel ouvrage choisir ? Car oui, je suis d’accord avec vous, il faut choisir.

Beaucoup d’ouvrages manuscrits, et même imprimés, parlent de ce coutelas. Depuis la somme de Johannes Leckuchner, jusqu’aux dernières copies et reproductions de l’oeuvre de J. Meyer, en passant par le manuscrit des petits gros, on compte un nombre important de textes qui exposent l’escrime avec le coutelas. Et même si l’application de ces textes est toujours sujette à caution (par exemple, quid de l’influence estudiantine dans la conception et la transmission de ces arts martiaux…) ils existent et il faut savoir limiter son périmètre.

Tenez, prenons un exemple, voulez-vous ? le KK5012, attribué à un certain Peter Falkner, mais autant écrit par lui qu’un « Républicain » est honnête. Tout le monde, de suite, imagine un manuscrit d’épée longue. Un feuillet montre le lion de St Marc, hop, c’est un manuscrit de la corporation de Marxbruder, regroupant les arcanes magiquement magiques de cette arme mystérieuses…

Et ben non. Sans commencer à déblatérer sur la fonction du livre (qui n’est surement pas un manuscrit d’instruction ou de prestige) le bouquin de la Fraternité de Saint Marc est avant tout un ouvrage dédié au coutelas, du moins quand on le met en rapport avec les autres armes et chapitres qui le constituent.

Plus d’un tiers de coutelas, épée longue balayée, combat en armure méprisé. Mauvaise foi assumée.

Même les plus obtus des lecteurs le reconnaîtront, 38% c’est beaucoup. Nous passerons sur les raisons de la densité de cette partie dédiée au coutelas, probablement autant due à la manière elle même dense (les textes dédiés sont souvent, voire toujours extrêmement denses). De la même manière, l’exposé, un par folio, des postures, des attaques, de toutes les manœuvres prend de la place.

Non, rien de tout cela. Par contre, il sera possible de dire que le coutelas allemand, qui reprend généralement, voire tout le temps, un énoncé originaire de l’épée longue, se voit ici reconnu comme une manière à part entière. Comparez, si vous êtes curieux : l’épée longue et le coutelas ont un exposé complet, depuis les postures jusqu’au coups, en passant par des manœuvres à la taxinomie précise et détaillée. Les autres armes sont traitées de manière beaucoup, BEAUCOUP moins fine. Tout au plus s’agit-il de guides complémentaires pour aventureux de l’escrime et des arts martiaux.

Mais, d’ailleurs, c’est quoi, ce bouquin ? Conservé sous la cote KK5012, au sein des collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne, l’ouvrage, de petite taille, est difficile à dater. Mais comme il n’est pas rédigé sur parchemin (comme beaucoup, en fait), on peut observer le papier, feuille par feuille. Et là, badaboum, il y a un filigrane relié à la ville d’Augsbourg, en 1489.

Le commanditaire de l’œuvre nous est inconnu, de même que son premier propriétaire. Car oui, personne ne pense sérieusement qu’un certain Peter Falkner ait rédigé dans son petit bureau un livre sur papier illustré et colorisé. L’inscription du f°XX, « Meister Peter Falkners kunste zu Ritterlicher Were» n’est ni un titre ni une notule, mais probablement une inscription propre à la collection du château d’Ambras où le livre est conservé depuis 1596. Son histoire est d’ailleurs mouvementée, puisque les collections sont évacuées à Vienne en 1665, pour cause de… disons « guerre ». En 1806, à cause de l’avancée des troupes impériales françaises (soit non plus une libération, mais le parcours de l’étincelle du progrès), il est transféré à la collection des objets d’arts de la Maison Impériale. Il rentre à une date indéterminée au Kunsthistorisches Museum, mais ça on s’en fout, il y est encore. De fait, donc, le bouquin n’est plus utilisé en tant que tel depuis la fin du XVIe siècle. S’il a été utilisé un jour, ce dont rien n’est moins sûr.

En fait, seuls certains feuillets, ceux de la première partie du bouquin (f°1v-46r ), peuvent être reliés à un certain Peter Falkner. En tirant un peu les cheveux, et en  prenant en compte la représentation du lion de Saint Marc au f°57v, il est possible de poser comme hypothèse solide que le dit P. Falkner aurait été membre de la Confrérie de Saint Marc et de la sainte Vierge. Il pourrait même avoir été leur capitaine. En effet, dans la copie de la chronique de cette confrérie contenue dans le Cod I.6.2°.5, il est nommé comme tel en 1490 et pas mal de fois après.

Le Lion. Ou l’Évangéliste. Mais bon, c’est pas comme si les AM de l’Occident Médiéval étaient fondamentalement chrétien, hein ?

Niveau texte, c’est le merdier. Vous pouvez y lire des éléments de la tradition de « Liiiiiiechtenauuuuuuer », sur l’enseignement du combat à l’épée longue. Mais la forme en est profondément altérée. Le texte est illustré, en couleur, sur presque tous les feuillets, à la différence de la majeure partie des témoins précédents. A aucun moment, le texte ne précise le nom des auteurs dont il s’inspire. Il faut aussi noter que les rimes présentant l’escrime avec le coutelas sont une copie incomplète du texte contenu dans le Cod.Pal.germ 430 de Heidelberg. L’escrime avec la hallebarde est copié par une autre main que les parties précédentes. Il est d’ailleurs possible de retrouver des portions de ce texte, dédié à l’escrime en armure, dans le Cl.23842 de Paris (gaffe à la notice, elle demeure foireuse).

Niveau forme, le propos ne suit plus la structure traditionnelle « épitomé fractionné/commentaire ». Les parties textuelles destinées à l’épée et au coutelas sont rimées quand les parties destinées à la dague, aux armes d’hast, au combat équestre et au duel judiciaire sont en prose.

Bref, la présentation même des armes que l’on pourrait désigner comme nobles (et non pas pour les nobles) reflète un degré d’effort notable de présentation et de rédaction.

En mode bref/gros résumé du bref, les lames assez longues, c’est bien, le reste c’est tout pourri.

Notons, enfin, qu’il se trouve qu’on observe, comme dans tous les bouquins d’arts martiaux de la fin du Moyen Age, des textes qui se répètent d’un témoin à l’autre. Par exemple, on trouve des bouts du poème, que je nommerais désormais épitomé, attribué à Johannes Leckuchner. Pour identifier ces similitudes (en rappelant que ce ne sont QUE les textes rimés, il n’y a aucun commentaire dans le KK5012), je les mettrais en ROUGE, comme ça : rouge.

Une fois cette partie chiante au possible évacuée, nous pourrons, dans un prochain temps, et donc dans un billet en cours de finalisation, nous intéresser au contenu. Traduit, quand même, on est pas des chiens d’érudits.

 


On cause, on cause, on s’extasie devant les mignons petits dessins de nos bouquins, et on bosse sur des traductions modernisées (voire escrimissées) des mêmes bouquins.

Mais l’épée longue, ou les épées qui coupent pour de vrai ne sont pas seules. J’ai déjà traité ailleurs, ya longtemps, des bâtons et autres armes nobles et distinguées. Et pour rire, aujourd’hui, je vais vous causer, in situ, d’une arme un peu proche (les gens attentifs verront) : le grand bouclier. Manié à deux mains, mais aussi à une main avec une autre arme (au choix, selon le texte, une épée, une dague ou une masse à la con)

Pour introduire cette thématique qui n’est pas super bandante, mais qui existe (aucun art martial n’est parfait, et on ne fait pas des arts martiaux uniquement sur ce qu’on aime, sinon, on est un gamin pourri gâté), on va causer du texte du Ms.Germ.Quart.16, plus exactement des folios 49v (pour verso) à 55r (pour recto). Passons sur le fait que ce soit probablement une copie de mauvais aloi, et penchons nous rapido sur le document. Le bouquin est petit et presque carré (pas loin de 20cm sur 20cm). Il est en parchemin, fait inhabituel, et rédigé par deux mains différentes, dans un obscur dialecte bavarois à la con.

Ceci n’est pas un manuscrit. C’est un gâteau. Un gâteau qui tue.

Le texte ne mentionne aucune date, bien que certains farceurs n’hésitent pas à faire une analyse chronologique d’une copie en analysant les costumes et armures. Gros bullshit, mais on fait avec ce qu’on a. Ceci nous amène entre entre 1435 et 1440. Nos petites mains nous disent que le bouquin est présent, en 1661 à la Berliner Kurfürstenbibliothek, et qu’il reste grosso-merdo dans la même ville jusqu’en 1945, date du grand chambardement, qui l’amène à Cracovie.

Sinon que dire… ah oui, le bouquin et une partie de son contenu, mais pas celui dont je vais causer, est comparable aux manuscrits de ce que les gens savant appellent le « Groupe Gladiatoria ». Pour plus de précisions, attendre une critique du livre de Dierk Hagedorn et Bartłomiej Walczak.

Allonzy, allonzô, allons au boulot !

  • Note la première pièce avec le grand bouclier et les épées : tiens ton épée derrière le bouclier et lève la pointe au dessus de ce dernier. Cours sur lui et place ton bouclier en bas du sien, puis estoque par-dessus en passant ton épée entre les deux boucliers, afin de toucher son cou.
  • Sois attentif au contre : quand tu pressens l’estoc qui va donner vers ton cou, frappe son épée en poussant ton bouclier vers son flanc gauche, puis estoque par-dessus en passant ton épée au-dessus de ton bouclier, afin de toucher sa poitrine. Ainsi, tu as brisé la pièce.

  • Note la seconde pièce : quand tu veux l’ébranler, place les quillons de ton épée contre ta poitrine et marche hardiment contre lui de manière à ce que ton épée le traverse après être passée entre vos deux boucliers. S’il désire repousser ton estoc avec son bouclier, alors fais en sorte que ton propre bouclier soutienne ton épée afin que l’estoc puisse être réalisé.
  • Sois attentif au contre: repousse son estoc sur ta gauche avec ton épée, de manière à ce que ta pointe touche sa poitrine, ainsi tu brisé la pièce qu’il voulait réaliser contre toi. 

  • Note la troisième pièce : tiens ton épée devant toi et agis comme si tu désirais passer la pointe entre les deux boucliers. Quand il pense voir l’estoc, marche vivement sur sa gauche avec ton pied droit et estoque son dos.
  • Note le contre : quand il tente d’estoquer ton dos et que tu le pressens, frappe son épée avec le haut de ton bouclier afin de briser l’estoc qui désire faire contre toi. Estoque à ton tour, par dessous, entre les deux boucliers, pour toucher son corps. Ainsi tu as brisé la pièce qu’il voulait faire contre toi.

  • Note la quatrième pièce : tiens ton épée devant toi et avance vers lui. Positionne ton bouclier contre le sien et marche droit devant avec la jambe droite, pour estoquer en dessous de ton bras gauche et toucher son côté droit.
  • Note le contre : quand il tente d’estoquer ton flanc droit par dessous, et que tu pressens ceci, tombe avec ton épée sur la sienne, puis marche droit devant avec la jambe droite. Ainsi, tu auras repoussé son estoc sur le côté et tu pourras estoquer où tu le désireras. Ainsi, tu as brisé la pièce qu’il désirait faire contre toi. 

  • Note la cinquième pièce : si tu désires le provoquer, avance fermement avec ton bouclier contre le sien, et estoque au dessus de la tranche de son bouclier pour atteindre son corps.
  • Note le contre : si tu perçois l’estoc qui passe au dessus du bouclier, soulève ce dernier avec force et laisse sa partie basse aller vers ta gauche. Puis estoque par dessous en passant entre les deux boucliers pour toucher sa fierté. Ainsi, tu as brisé la pièce qu’il désirait faire contre toi.

Ici, le lecteur assidu et attentif, à défaut d’être capable de donner une explication cohérente, aura remarqué qu’une phrase est rédigée à la verticale.

  • C’est ici que se terminent les cinq tenues du grand bouclier et avec l’épée, depuis lesquelles sont issues toutes les pièces et tous les contres. 

  • Note la première pièce avec le grand bouclier : quand il vient lier avec un coup de dessus et que tu as fait de même pour tenir le lien, marche devant avec la jambe gauche et attrape l’arrière de son genou droit avec la pointe basse de ton bouclier. Lève vivement le tout pour le renverser.
  • Si tu désires contrer cette pièce, marche avec le pied gauche devant et tourne ton bouclier de bas en haut depuis ton côté gauche, à l’intérieur du sien, afin de pousser son corps avec ton propre bouclier. Ainsi, tu as brisé la pièce avec laquelle il désirait te renverser.
  • Ces pièces constituent le commencement de toutes les coutumes de duel franconien, avec le bouclier et la masse, et également avec la dague. 

  • Note la seconde pièce. Lorsque tu as lié par dessous avec le bouclier, marche devant avec le pied droit et lève fermement ton bouclier. Marche alors devant avec ton pied gauche et pousse son bouclier avec le tien sur son flanc gauche. Ainsi, tu découvres son corps.
  • Note le contre : recule le pied droit et ramène vivement ton bouclier derrière toi. Ainsi, il sera lui même découvert et tu as brisé la pièce qu’il désirait faire contre toi. 

  • Note la troisième pièce, dite le changement d’attaque : lorsque tu désires frapper, marche devant avec le pied droit et frappe fortement sa tête par dessus avec ton bouclier. Tire alors vivement vers toi et estoque sa fierté avec ton bouclier. Tourne ce dernier en bas sur ta droite, ainsi, tu seras revenu pour donner le changement d’attaque, et tu pourras estoquer de l’autre côté.
  • Note le contre : s’il réalise le changement contre toi, frappe avec ton bouclier, puis marche devant avec le pied gauche, afin d’atteindre l’intérieur de son bouclier, et l’estoquer. Ainsi, tu tu as brisé la pièce qu’il désirait faire contre toi.

  • Note la quatrième pièce, dite du coup médian : positionne ton bouclier devant toi, de manière horizontale, et attends son attaque, qu’elle soit de taille ou d’estoc. Ainsi, tu pourras la dévier sur le côté.
  • Note le contre quand il t’a dévié et que ton pied gauche est placé devant. Tu dois alors pousser fermement ton bouclier sur son flanc droit et marche devant avec ton pied, tout en tournant ton bouclier depuis le bas. Ainsi, tu te places, toi et ton bouclier, à l’intérieur du sien, là où il est vulnérable. Ainsi, tu as brisé la pièce. 

  • Note la cinquième pièce, dite du coup plongeant avec le bouclier : quand tu marche vers lui, frappe son visage de la pointe. S’il pare avec son bouclier, bouge le tien depuis le bas et pousse fermement vers son corps.
  • Note encore une fois le contre : tourne ton bouclier depuis ta droite et le dessous et marche devant avec le pied droit. Pendant ce temps, attrape l’arrière de son genou gauche et recule ta jambe gauche, et ramène fermement tout cela vers toi. Ainsi, tu as brisé sa pièce, etc.

Ici, le lecteur assidu aura encore remarqué qu’une phrase est rédigée à la verticale.

  • Ces pièces sont celles du bouclier et de la masse, comme cela est écrit et dessiné.

  • Voici les cinq tenues avec le bouclier de costume civil, à partir de laquelle toutes les pièces et tous les contres peuvent être appris, et appliqués aussi bien pour jouer que pour les choses sérieuses.

Note : chuttennischen puckler est un terme chelou et un peu foireux. Si on s’en réfère au Schweizerisches Idiotikon, « chutten » désigne la tenue des hommes, voire des ruraux (Kleidungsstück für männer, Rock, jacke für männer und Knaben, bei der naturfarbende Bauernrock mit Schössen). J’ai choisi d’y voir une signification de costume civil, courant, à l’inverse du costume réglementaire.

  • Voici une tenue avec le coutelas et aussi avec le bouclier hongrois, avec lequel toutes les pièces ludiques et sérieuses peuvent être réalisés.

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Préambule impromptu

 Ce petit billet de fin 2016 a bien failli ne pas être publié. Pour tout un tas de raisons, les principales étant une très mauvaise humeur, un soupçon de mauvaise foi et surtout une grosse crise de colère sur les réflexes du compromis à outrance qui semblent devenir la marque de fabrique de notre discipline. Pour un peu, dans 3 ans, nous interdisons le MMA et le déclarons opposé à la dignité humaine avant de lire les rapports écrits dessus. Mais avec des bisous et des sourires polis. Et des costumes-cravates.

Globalement, les moins attentifs d’entre vous auront noté que ce blog ne tourne plus des masses depuis fin 2014. A ceci, plusieurs raisons. La principale, c’est que les AMHE ont fatigué votre serviteur.

Non, pas les AMHE, l’administratif derrière les AMHE. La bureaucratie des AMHE. Les projets nationaux, les grands plans quinquennaux, la planification, la surveillance, les partis, la politique, les révolutions de palais, les arrivistes… bref, tout ce qui fit et fait encore la joie des extraordinaires systèmes totalitaires qui oublient qu’ils sont au service des gens avant d’être au services d’idéaux, et au service d’idéaux avant d’être au service d’une administration.

Une autre raison, plus personnelle, est que votre auteur préféré de 2014 a le même problème que les mauvais séducteurs : il ne sait pas conclure. Résultat, j’ai 14 (oui, deux fois sept, les apôtres plus le christ et marie) articles non terminés, que je n’arrive pas à boucler parce que, au choix

  • Trop de choses à dire
  • Pas assez de choses à dire
  • Crainte d’un jugement
  • Ras de bol du sujet
  • Déjà traité ailleurs entre temps IRL
  • Déjà fait sur Roarr
  • Etc

Je ne vous le cache pas, j’ai bien failli tout arrêter. Tout brûler, dans un accès de colère non feinte, supprimer articles, messages, débats et laisser le navire couler ou arriver à bon port, mais sans moi. Parfois, la pulsion du suicide intellectuel est forte, et je pense que beaucoup, parmi vous, connaissent cette envie de laisser derrière soi une terre brûlée, tel un Palpoutine des Batignolles. Et s’ils ne la connaissent pas, c’est qu’elle les attend encore, quelque part au détour d’une déception, d’un échec ou d’un moment difficile.

Pourtant, l’article de noël sort. « trop facile, Carrousel » vous dites-vous. Dans un sens, vous pouvez vous moquer allègrement. Il est aisé de crier, hurler et ruer dans les brancards, pour ensuite se dégonfler comme un vieux ballon et revenir, tel un junkie, sur les médias numériques échangeant des noms d’oiseaux avec le premier samouraï de souabe venu.

Sauf que non, c’est, comme toujours, plus compliqué que ça. Sauf pour le côté junkie. Votre rédacteur admiré est en effet probablement drogué aux AMHE. Il faut dire que ça a commencé il y a longtemps, difficilement, avec peu de moyens, beaucoup de liberté et d’échange, et surtout, aucune censure, aucun souci d’image, aucune limite autre que notre honnêteté intellectuelle, notre capacité à reconnaître nos erreurs et à aller de l’avant, toujours.

Et le seul moyen, aujourd’hui, de continuer à avoir cette liberté d’expression, de ton, c’est d’écrire sur un media à sens unique. Un blog, une revue, un colloque, peu importe : un domaine où vous maîtrisez les échanges, où vous acceptez la critique, mais où celle-ci ne devient pas votre seul peur, votre seul souci, votre seul horizon. Un média où vous pouvez expliquer qu’une approche est mauvaise sans vous faire accuser d’élitisme ou de confisquer un débat (puisqu’il n’y a pas de débat, il y a un texte). Sans qu’on vienne vous dire que vous intellectualisez trop, qu’il faut laisser parler les gens qui n’ont rien à dire, voire laisser voler les pigeons (jme comprends)

C’est ce que le Carrousel va, probablement dans un élan ultime, tenter de faire. Reprendre l’écriture, proposer à d’autres contributeurs (même si je n’y crois pas beaucoup, pasque au fond, ya un paquet de faignants) d’intervenir, approfondir la ligne éditoriale, qui consistera à encore plus déraisonner de manière facile et caustique sur les produits, arguments et sources de la discipline nommée AMHE. Mais ici. Selon mes termes. Selon mes règles, c’est-à-dire aucune limitant l’expression, sans faire dépendre une autorisation d’écriture du constructivisme d’une idée, de la pertinence ontologique d’une conclusion, de l’approche téléologique d’un élément (jme comprends encore)

Mais, surtout, avant de laisser la place à la liste de noël, laissez-moi vous donner un conseil, celui qui me permet d’envisager d’écrire, encore, ici : vos idées sont infiniment plus importantes que votre image. Votre image change, vous changez, c’est inévitable, c’est la vie. Vos idées, vos principes, eux, restent, ou doivent rester, du moins. Si vos actes consistent à rechercher le compromis, l’entente, pour que tout le monde soit heureux, alors votre image deviendra votre idéal. Et vous ne serez plus qu’une image. Celle d’une discipline terne, d’avantage concernée par le respect de ce que les gens croient que par la formidable activité physique, culturelle et éthique, mais inévitablement clivante, qu’elle peut devenir.

Si vous parvenez à éviter cet avenir, si vous arrivez à tenir vos idées et vos principes envers et contre tous, je devrais bien arriver à tenir un article par mois.

Non, par trimestre, faut pas déconner.

C’est pas tout ça, mais Noël approche, et il convient, pour un hôte ayant parfois manqué à ses devoirs, de fournir à tous ses petits camarades, ou esclav… pardon, lutins, de quoi s’amuser et surtout de quoi produire de la richesse, pour que 2017 se profile sous les meilleurs profi… auspices.

Mais je ne vous orienterai pas vers un quelconque Wik-ἡγεμών-tenauer que vous pourriez modifier à votre aise. Même si je dois avouer que cela ne m’a pas simplifié la vie pour la lettre W. Votre serviteur rédacteur est au contraire généreux et va tenter de vous fournir une belle liste d’outils et de ressources gratuites pour aborder les textes médiévaux, voire le passé en règle générale. Ce que vous faites TOUS quand vous pratiquez les Arts Martiaux HISTORIQUES. N’est ce pas ? Nous sommes d’accord ? Aucun d’entre vous ne bosse sur une modernisation de traduction française réalisée à partir d’une traduction anglaise d’un texte allemand, hein ?

Commençons, donc. Et croyez-moi, l’équipe de rédaction composée de X personnalités multiples en a chié pour trouver un ordre alphabétique cohérent.

Archives départementales diverses et variées : on ne le dira jamais assez, mais le territoire français est assez bien découpé. Du moins si on oublie ces saloperies de divisions régionales à géométrie variable qui, avec la plus mauvaise des démagogies, surfent sur des sentiments historiques rigoureusement foireux avant de penser fonctionnalité territoriale et omettent régulièrement qui leur donne du pognon tous les ans. Mais je m’égare dans les couloirs de la Société des amis de la Constitution.
Ici, je vais surtout parler des structures que sont les archives départementales, qui, on le sait peu, recèlent des trésors. Les séries E, par exemple. Mais si je les mentionne, c’est surtout parce que ces institutions organisent régulièrement des stages et ateliers auxquels vous, braves citoyens, vous avez droit. Ainsi, les archives de ce département oublié de Dieu qu’est l’Indre et Loire ont mis en place un module d’initiation à la paléographie. Oui, vos impôts ne servent à rien, mais au moins, c’est rigolo. Donc, réflexe à avoir : zieuter, régulièrement, les ateliers, expositions et séminaires de découverte organisés par ces institutions, dont une se situe forcément à moins d’une demi-journée de route de chez vous, du moins si vous vivez dans la patrie de Cyril Hanouna. Vous saurez lire les documents historiques et même si cela ne fera pas de vous des historiens, vous saurez de quoi ces derniers causent quand ils vous disent « oui, mais non, parceque ce bouquin est une copie de mauvais aloi, et absolument pas un manuel utilisable et utilisé »

Bibliothèque Nationale de France : oui, il existe une Bibliothèque Nationale. Oui, c’est une institution de dépôt légal, ce qui signifie que potentiellement, vous pouvez tout y trouver.
Tout.
Ça ne paraît pas concret, comme ça, mais prenez le temps d’y réfléchir. Prenez tout le temps qu’il faut. Et vous comprendrez pourquoi la capitale d’un pays ultra centralisé, ça a des bons côtés.
Accessoirement, c’est une institution qui conserve un petit nombre de manuscrits martiaux et autres livres d’armes. Comme par exemple le « Florius », ou plus concrètement le Ms.11267 du fonds latin.

Collatinus-web: un outil sous-estimé, mais qui est d’un grand secours pour les textes latins et les gens n’ayant pas fait partie d’une promotion de maîtres-du-monde -AKA- Ecole Des Chartes. Il s’agit d’un outil qui vous permet, en écrivant une phrase en latin, tirée, à tout hasard, du Cod.Icon.393, d’avoir un déroulé de la déclinaison présumée, des sens possibles. Indirectement, cela vous donne, avec quelques outils tels une grammaire latine de première bourre, un moyen de comprendre quelque chose dans la seule vraie langue civilisée de ce continent.

Dictionnaire des abréviations Cappelli : Ça vous arrive de tomber sur un texte médiéval chiant ? Le type de texte ou les « o » sont barrés, les « p » pourvus d’une barre transversale, des successions absurdes de lettres comme « l’p’ » ? Et bien un homme a la solution. Un homme, que dis-je, un héros stellaire (stellair-con, disaient ses collègues) a passé une partie importante de sa vie à référencer, lettre par lettre, texte par texte, période par période, zone géographique par zone géographique, les abréviations latines utilisées dans les écrits médiévaux.
Indispensable pour lire un texte médiéval. Et pour séduire les femmes dans les colloques de médiévistes. Ou leurs femmes à eux.

Europeana: La bibliothèque lancée et soutenue par la Commission Européenne recèle, à l’heure où votre serviteur écrit ces lignes, 53529459 œuvres différentes. soit environ 4 fois le contenu de la BNF Richelieu (uniquement les manuscrits. Oui, je triche. Et je vous emmerde). Cela fait toujours une belle base de données avec une interface assez ergonomique, mais un peu poussive. Mais on y trouve du Fiore. Donc c’est tout bon.
Et puis, franchement, maintenant, vous savez pourquoi votre pays est contributeur net à l’Union. Et pourquoi vous devez confier votre destin à des technocrates non élus. CQFD.

Filigrane Briquet : au cas où vous n’auriez jamais ouvert un autre bouquin qu’un SAS de revente, sachez que le papier n’a pas toujours été cette matière misérable qui sent la colle. Il fut une époque, noble, presque digne, où le papier tirait la bourre au parchemin. Pas question qualité, la peau d’un animal mort étant totalement inégalable sur ce point. Mais c’était bien quand même.
Ces anciens papiers étaient porteurs de marques inscrites directement dans la matière, visibles par transparence. Des filigranes. Ces outils sont précieux pour identifier le support (attention, pas le contenu, le SUPPORT) d’écriture, pour le dater et le situer géographiquement. Pour ce faire, un homme, au nom de sabre napoléonien, procéda dans sa vie à un inventaire rigoureux et méthodique des marques inscrites dans le papier. C’est par exemple grâce à cet homme que nous savons que le manuscrit coté Cl.23842 et conservé au Musée du Moyen Age porte de nombreuses marques permettant de relier les papiers utilisés à Munich (1475), Augsbourg (1470-83), Bamberg (1484-88), Landsberg (1480), Mainz (1489) et Bergame (1480). Et là, vous vous posez la question à 1000 points : pourquoi autant de papiers différents… Bienvenue dans l’étude véritable des manuels d’arts martiaux, celle qui prouve qu’ils n’en sont pas.

Gallica : bon, un classique, mais on ne le répète jamais assez. En lien incestueux avec la BNF citée plus haut. Et en plus, vous pouvez y trouver le traité sur la pogonotomie, ou l’art de se raser soi-même de maître Bouchard. Que demande le peuple ?
Et contrairement à Goo-don’tbeevil-gle, vous n’êtes pas fliqué.

Hans Talhoffer blog : Pas en francais. Mais une source assez remarquable d’informations et de réflexions sur les arts martiaux germaniques. La légende veut que le rédacteur soit un troll équivalent aux légendes des AMHE français. Mais c’est impossible. Croyez-moi. Nous avons les pires. Raison de plus pour lire JPK.

IRHT : l’Institut de Recherche sur l’Histoire des Textes. Auguste institution de l’avant-guerre, spécialisée dans l’étude des textes médiévaux. Alors, vous me direz, ça sent l’ennui. Et je vous répondrais que ce n’est pas totalement faux. Rien n’est plus rébarbatif, ennuyeux, soporifique, accablant, lassant, fade, somnifère, insipide, rebutant, morose, morne, déprimant, interminable, incommode, douloureux, insoutenable, en un mot, chiant, qu’un catalogue de bibliothèque.
Pourtant, les vaillants soldats de l’IRHT, glaive au poing et stabilo à la ceinture, vous offrent un site de première qualité, du moins, si l’écrit vous intéresse autant que lesgrossesnépéesquicoupentpourdevraimaispourdefauxpasquonestpasdessauvages. En vrac, on peut ainsi citer les bases de données offerte au chercheur (telle que le passionnant ITER) ou le redoutable Onomasticon Arabicum, qui réjouira en ces temps de campagne pré-électorale gauloisesque.
Mais on notera aussi les très excellents et bénéfiques stages et séminaires qui, pour toute personne civilisée sachant que le sigle RER ne signifie pas « rite écossais rectifié », constituent parmi les meilleures introductions, clés en main, pour aborder un texte et un manuscrit médiéval.
Imaginez, ainsi, par exemple, ce que pourrait vous apporter un séminaire, gratuit, et libre, dédié à la lecture et critique des manuscrits latins. C’est pas comme si on en avait un BEAU, qui constitue à lui tout seul un mystère dans nos disciplines.
Et ne parlons par des autres…

Jaquet, Daniel. Fume la pipe, prononce régulièrement les mots « projet autorial » et « intention du scripteur« . Participe à la tenue de l’excellente revue Acta Periodica Duellatorum, qui offre en ligne un certain nombre de ses articles. Si vous voulez lire des choses qui passent par un rigoureux processus de relecture, expliquant pourquoi votre serviteur n’écrira surement jamais dedans, de peur de se faire recaler, allez-y. Et en plus, comme ils ne font pas ça pour l’argent (il y a des suisses dans le tas, cependant, rappelez vous que la finance est notre ennemie), c’est gratuit en ligne.

Kataloge : En allemand, cela signifie Catalogue. CA-TA-LO-GUE. Voila. Et en français ? Vous déconnez ? Ah, bon. Ben voilà alors : « Énumération précise, méthodique, exhaustive des éléments d’une collection et, par métonymie, support matériel où cette énumération est inscrite.« .  Et bien le Handschriftenkataloge online est une machine merveilleuse, qui regroupe plus de 150 catalogue de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, ou « Fondation Allemande pour la Recherche ». Taper une cote, un auteur, et vous pourrez commencer à explorer, dans la langue de Zeppelin, les vraies informations sur les bouquins médiévaux que vous utilisez, plus ou moins, avec discernement. J’ai cru apprendre, d’ailleurs, que la campagne de mise à jour des infos (qui datent d’avant 2005) est en bonne voie. Mais c’est un réseau Bilderberg qui me l’a dit. Alors poupougne.

Le conservatoire : Vous avez du mal avec les AMHE ? Lire de l’allemand est trop dur ? Vos petits yeux d’hispanisants n’arrivent pas à faire la différence entre un dialecte frioulan fleurant bon les influences alpini et le noble veneto de l’empire mondial de la Sérénissime ? Et ben, que voulez vous que je vous dise… lisez du français. Cela tombe bien, un homme de plume, à défaut d’être recommandable dans sa compagnie, réunit vertement ( avec vigueur, pour ceux qui ne comprennent pas le vrai français du XVIe siècle) les manuels et traités de la noble escrime de France, permettant à chacun d’entre nous d’expliquer aux italiens qu’ils tiennent leur fleuret comme des dégénérés.

Millesimo : Au cas où vous ne seriez pas au courant, le calendrier actuellement utilisé n’est pas une oeuvre naturelle d’hommes et femmes insérés dans le grand cycle de Gaia. Actuellement, en France, nous utilisons le calendrier Grégorien, la glorieuse réforme d’Auguste Comte et du calendrier positiviste n’ayant pas survécu à son inventeur. Mais celui-ci n’est en place que depuis la fin du XVIe siècle. Avant, on utilise le calendrier Julien, et les dates figurant sur les sources anciennes ne correspondent pas toujours aux nôtres. Avec du bricolage, vous pouvez replacer la date dans son contexte de l’époque. Et comprendre que notre temps n’est pas leur temps.
Alors certes, martialement, c’est pas vraiment utile. Mais, franchement, c’est sympa. Et culturel. Et vous pourrez, comme tous produit du christianisme triomphant que vous êtes, donner la bonne date de Pâques pour les deux précédents millénaires. C’est pas beau ? La légende dit aussi que l’Hijri et l’Haluahhaivri sont intégrés à l’outil. Si vous voulez vous lancer dedans, c’est le moment. (Code pour la DGSI : « la crêpe vient de sauter hors de la poêle » Je répète « la crêpe vient de sauter hors de la poêle« )

Nimico : La terreur du nord, le chaos rampant des Hauts de France, est l’auteur de ce blog francophone (surprenant quand on sait le voisinage conquérant) sur l’escrime italienne de la Renaissance. Le lecteur francophone y trouvera, pèle-mêle, des traductions de Marozzo le grand et des analyses sur l’escrime bolonaise (que l’on surnomme entre nous Verbalisation Outrancière & Maléfique d’Italie, ou VOMI). De plus, la légende du grand-nord raconte que si vous achetez un pack de 10 bouquins de l’auteur, ce dernier vient chez vous interpréter l’intégralité des albums de Cannibal Corpse au kasoo. Comme ça, pour vous faire plaisir. A moins que ce soit son camarade le picard du sud. Je les confonds tout le temps.

Open Licence : C’est pas capital (en fait, si), ni vital (en fait, si). Vous pouvez écrire sans sécurité (en fait, non). Voire faire cadeau de votre savoir ( malheureux !). Mais au cas où vous ne seriez pas totalement tombé dans le néant de « l’économie de partage du mensonge des CV truqués », vous pouvez protéger et contrôler vos écrits et vos productions. Il suffit de profiter des licences libres. Je recommande personnellement les licences Creative Commons Attribution 2.0 assez simples à mettre en place, vous donnant un grand panel de possibilité quant à la préservation de votre production, de son libre partage, de sa libre reproduction. Bref, vous êtes libres en protégeant votre propriété. Mais arrêtons, nous allons nous mettre à parler de sciences politiques.

Pragmatische Schriftlichkeit : l’allemand, langue des poètes et des séducteurs qui échouent, a généré au cours des années 2000 ce nom de projet barbare qui se proposait alors de transcrire divers manuscrits ayant trait à la guerre (comme dit le texte de présentation : « Handschriften der Bellifortis-Gruppe« ). La liste, qui semble avoir été dévorée par l’ἡγεμών américain, comporte quelques perles qui, non contentes de transcrire un texte, exposent aussi un contexte ( effet allitération). Pour peu que vous ayez quelques bases en allemand, ou que vous sachiez cliquer sur les liens des outils que je vous présente dans cet article, vous devriez trouver des choses… comment dire… intéressantes. Et en plus, Ô. Dupuis le bien nommé a publié dedans. C’est presque un label rouge.

Q : pas d’idées. A vous de trouver.

Reverso: alors oui, il existe de nombreux services de traductions sur le net. Oui, j’aurais pu citer Systran. Ou Google Translate. Mais j’avais d’abord besoin d’un R. Ensuite, Reverso a ceci de pratique que je le trouve ergonomique, qu’il propose à la fois un service de dictionnaire ET de traduction, mais que le dit service de dictionnaire peut vous suggérer des mots proches de celui que vous tapez, si jamais l’orthographe a, comment dire, muté. Toujours utile. Surtout pour les langues germaniques.

Scholar-Google : outil hautement utile, il se trouve que le géant qui dominera la planète dans quelques années, du moins si le prochain président de la République Francaise ne décide par d’égarer un missile M-51 au dessus de la Silicon-Valley, possède une version « recherche universitaire ». L’outil est surpuissant, adossé aux algorithmes de Mountain View, et permet de trier, classer, automatiser vos recherches. Comme par exemple avec des noms d’auteurs, des siècles, des passages de texte, des noms communs comme, je sais pas moi, zornhau… Je vous laisse explorer, mais sachez qu’une bonne série de tutos est disponible sur le site de la bibliothèque de l’université Laval. Oui, le Canada est l’avenir de la France. Par contre, vous devrez vendre votre âme à Larry Page. C’est le prix du meilleur outil gratuit du monde. Paradoxe inside.

Treccani : Les dictionnaires italiens sont des purges. Entre les généraux, les spécifiques, les écoles en guerre, les pédants… c’est simple, les italiens sont comme les français, mais avec une classe absolue. Cela dit, une bonne base de dictionnaire pour farfouiller dans les textes italiens, c’est le Vocabulario della lingua italiana en 5 volumes. On trouve des choses intéressantes, comme des régionalismes linguistiques assez poussés. Et le dico est mis a jour. Et ses relecteurs ont bon gout, sentent bon et ont la sprezzatura. Des italiens quoi. Nous, en mieux.

Umass : on dirait le nom d’un jeu video à la fin décevante. Pour le reste, rien à dire, si ce n’est un compendium de plein de sources.

Vincent le Chevalier, auteur du blog « Ensis sub Caelo« , produit régulièrement des articles de qualité sur les armes blanches, l’approche scientifique de ces dernières (pour éviter les « elle prend bien la lumière, cette épée« ) et tout ce qui s’en suit. Bon, ça écrit en anglais, langue des gueux. Plus rarement en français, la langue des italiens ratés. Mais si, aujourd’hui, vous avez du mal à lire l’anglais… comment dire… mince, dude, l’anglais quoi… (Ps : oui, j’ai triché pour la lettre d’introduction du paragraphe. J’invite les râleurs à proposer en commentaire une ressource gratuite et accessible commençant par la lettre V qui ne soit pas déjà connue de tous).

Wörterbuchnetz : LA ressource linguistique en allemand, pour les gens curieux, appliqués, n’ayant pas plus de capacité à traduire un dialecte allemand qu’à faire des crêpes sans pâte à crêpes. Attention, ce n’est pas magique, et si vous n’avez pas d’idée des nombreuses variations syllabiques des différents dialectes germaniques, vous allez pédaler grave dans la choucroute les premières semaines. De la même manière, les définitions dans les dictionnaires SONT EN ALLEMAND. Ce n’est donc pas un outil de traduction, juste le plus formidable agrégateur de dictionnaires scientifiques germaniques de l’univers, pour qu’enfin, vous puissiez lire la seconde langue vivante la plus civilisée de ce continent.

X-hibition. Le trucage n’est pas de moi, je décline toute responsabilité pour ce barbarisme orthographique. Mais cela me permet de vous causer des expositions récurentes qui se font, un peu partout, et qui, à défaut de vous apprendre à tuer des gens pour de vrai mais pour de faux, vous enseigneront que le Moyen Age et l’époque dite Moderne sont bien plus complexes et différentes de notre monde à nous. Exemple, le bazar de la Villette, qui est ma foi d’un fort beau gabarit. (Ps : c’est payant, mais il y a aussi des catalogues. Avec des bibliographies. Genre que vous pouvez lire avant de causer)

Youtube. Ah ah, on s’y attendait pas, à ce que je trouve un truc en Y. Et ben si. Et contrairement à ce que pense le petit lecteur caché derrière sa doudoune eco-responsable, youtube c’est bien. C’est également une succursale de l’enfer googlelien, mais on y trouve de nombreuses chaînes retransmettant ateliers de stages, conférences ou même cours en ligne. Je donne, à cet effet, l’exemple de la chaîne d’un docteur qui filme quelques ateliers, de ci-de là, en français. Mais on peut aussi citer la chaîne de la Schola, qui, malgré un manque relatif de montage et de femmes dénudées, apporte des interventions pertinentes. En anglais (oui, je sais, mais la France est entrain de gagner la guerre, rassurez vous). Ou encore la chaîne Dimicator, au design soigné et qui n’a contre elle que son utilisation maladive de boucliers. Ou même la chaîne de DuelloLearning, qui tente une structure de MOOC, ou du moins s’y dirige. Bref, perdez du temps sur Youtube, c’est cool.

Zut. Voila. Zut. A moins de trouver un site polonais, je n’ai aucune idée de ressources liée, de près ou de loin, à la dernière lettre de l’alphabet. Oui, si, tiens, une : Zou ! Allez bosser. Vous disposez de 1000 fois plus que tous les pionniers des AMHE réunis.