la perception de l'escrime autrefois

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la perception de l'escrime autrefois

Messagepar Pierre al Chaize » Ven 23 Nov 2012 17:03

Suite a l'invitation de Mr Bauzin, j'ouvre un petit post destiné à partager ce qu'on sait sur la perception de l'escrime et des arts martiaux par les contemporains de nos sources

Pour initier en fanfare, voici une traduction que j'avais faite en 2006 pour mon M2 qui raconte le duel entre Giovennino de Baggio et un écuyer allemand du nom de Sirano à Pavie le 26 juillet 1399. Le duel est mentionné dans le prologue du ms LudwigXV13 de Fiore dei Liberi:

« Oh mon Magnifique élevé et extraordinaire seigneur. Je me suis proposé pour décrire à votre magnificence ce qui s’est produit ici afin que votre magnificence puisse voir comme si cela était arrivés sous ses yeux. Il était proposé à l'allemand Sirano de donner trois coups de lance effilée, trois de hache, trois d'épée et trois de dague. Il choisit alors personnellement comme adversaire Giovannino de Baggio, de Milan, un jeune plein de courage, de belle contenance, pour qu'il satisfasse son désir…
…Ils courent ici et là sur le champ pour habituer les chevaux au parcours et à se mouvoir en toute sûreté. Le très illustre Duc, l'illustrissime dame Duchesse, et l’illustre seigneur et père de votre magnificence le Conte Antonio d'Urbino, regardaient cela dans une tribune revêtue d'or. A coté j'ai vu d’autres personnes qui ne valent pas peinent de se rappeler […]
Sirano, dont le cheval était sans protections, demande à ce que le destrier armé de Giovannino soit déshabillé. Après avoir ainsi perdu du temps il appelle au duel : Alors ils mettent le heaume, en saisissant les lances les armures et les boucliers rutilants, sans cacher leurs armoiries.
Après s’être assurés que le terrain était sûr, Ils éperonnent férocement les chevaux, se heurtent à toute bride mais inutilement. Au second et au troisième assaut Giovannino frappe Sirano à l'épaule sans provoquer quelque blessure. Au quatrième, Sirano, heurte férocement Giovannino sur son heaume, le forçant ainsi à pencher vers la jambe de son cheval.
Après ces assauts, en voulant d’un commun accord s’affronter d’une autre manière, et poussés d’une grande ardeur, ils augmentent la distance à parcourir et éperonnent les chevaux avec les pointes aiguës des éperons. Ils se lancent courageusement à bride abattue l'un contre l'autre. Le cheval de Sirano prit alors un chemin oblique, en se refusant de courir pendant que les deux courageux hommes se heurtaient. Le destrier de Sirano, plus par désir de sa propre ruine que par peur, sortit donc de la ligne droite et reçut le fer dans le flanc. Ceci lui arracha les viscères et ressortit par l’arrière train. Sirano gisait à terre pendant que la lance de Giovannino restait fixée dans le cheval et comme Giovannino ne pût l’ôter de son bras, il tomba à terre. Et ainsi, mon magnifique seigneur, voici la fin du combat à cheval. Dans au milieu du champ on place deux chaises couverte de soie où les adversaires se reposent, assis.
Peu après ils saisirent les haches et chacun traverse le champ en avançant l’un contre l'autre : Giovannino frappa Sirano à la tête et Sirano frappa avec le manche de la hache sur l’épaule (s’étant en effet trop approché de l'ennemi). A travers l’espace large de quarante pas, ils ne cessent de se rencontrer. Sirano blesse Giovannino au fémur et Giovannino blesse Sirano à la tête […] mais Giovannino, insensible à la blessure au fémur, par un coup semblable frappe Sirano au tibia. Sirano en est estropié. Il frappe alors de nouveau Giovannino à la tête sans lui faire aucune blessure. Après un bref intervalle, ils prennent les épées.
La forme de leurs épées est différente de celles que l’on utilise d’habitude. En effet ces lames ont une de base robuste et large et ils jouent en blessant seulement d’estoc. Avec une grande force et un fort engagement, de la même manière, ils frappent par trois fois.
Après un autre intervalle de temps, ils combattent ensuite avec la dague, ce qui provoque une très grande clameur. Ils sortent ensuite du champ après avoir loué Dieu qu’aucun d’entre eux n’ait répandu de sang.
Ceci, mon magnifique seigneur, est du aux armures protectrices du sang de l’homme, qui repoussent les coups, y compris ceux que certains portent avec de forts estocs! Je souhaite que vous en ayez de semblables, on dit que ceux qui l’ont ne craignent même pas la colère de Vulcain.
»

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Re: la perception de l'escrime autrefois

Messagepar Metalyan » Ven 23 Nov 2012 18:10

Olivier Dupuis avait fait des recherches fructueuses sur les tournois des élèves de l'école d'escrime de Strasbourg, qui se déroulaient pendant une foire, et où les élèves se battaient contre divers adversaire en publique. Il doit avoir des sources super intéressantes.

Pierre al Chaize a écrit: A coté j'ai vu d’autres personnes qui ne valent pas peinent de se rappeler […]

donc en publique, ou juste sans comparaison avec le Duc présent?
Là on est dans un duel de nobles, avec une logistique pour encadrer tout ça, qui draine effectivement un publique populaire. Je cherchais récemment des soures équivalentes pour les duels judiciaires en allemagne...

J'étais tombé notamment sur celle là:
Image
la présence d'enfant, si c'est bien cela, m'avais fait tiquer.

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Re: la perception de l'escrime autrefois

Messagepar DoK » Ven 23 Nov 2012 22:20

Oh, le "Von der Artzney Bayder Glück des guten und widerwertigen".
Dans la même source y'a une bagarre de bar, et un spectacle de combat entre hommes et animaux sauvages.
Benjamin Conan.
Medieval Combat - Arte Dimicatoria - LAMHE Sherbrooke - De Taille et d'Estoc.

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