Terminologie Allemande - état des lieux
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- Michael Huber
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
En tout cas, je note qu'il faut vraiment avec chaque traduction fournir un lexique non seulement complet mais aussi si possible qu'on explique nos choix de traductions.
Michaël Huber
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
Pour ma part, je ne pense pas qu'on puisse vraiment traduire un texte en mélangeant mots Français et Allemands (ou autre).
Il ne faut pas oublier aussi que l'on peut être lu non pas par uniquement des amheurs chevronnés mais aussi par des débutants, voire par des passionnés d'histoire tout simplement. Un français correct est un minimum.
Les textes sont une choses, les cours oraux où l'on mélange les 2 terminologies une autre.
Par contre il faudrait vraiment régulièrement reprendre les traductions et les remettre à jour, ce qui n'est pas le bout du monde avec les facilités des outils informatiques (Ctrl+H). Mais ça nécessitera donc un versionnage comme ceux qu'on peut avoir pour les logiciels, et aussi des communications systématiques quand on le fait.
J'ai encore pas mal de boulot devant moi, mais promis je vais essayer de faire ça pour le tetraptyque d'ici quelques mois.
Il y a pas mal à dire sur ce qui peut influencer les choix des termes français. Ça ne se fait pas comme ça à la légère. Il faut un terme qui corresponde bien au terme original, et souvent les sens de l'époque sont obscurs. Les dictionnaires d'allemand anciens ne sont pas toujours d'une grande utilité. On sent bien que quelques fois les auteurs des dicos ont lus nos sources et se sont contentés d'en déduire le sens dans le contexte de la phrase (ça se voit aux références qu'ils donnent). Du coup on se trouverait à traduire un terme d'une source X simplement en se fiant à l'instinct d'un érudit qui ne connait rien au sujet traité (et on sait tous comment les érudits ont abordés les traités de combat dans le passé). Il ne faut donc surtout pas prendre les définitions des dictionnaires au pied de la lettre.
Le mieux c'est toujours de se baser sur l'étymologie des mots, quand on la connait.
En outre il ne faut pas tomber dans le piège de la traduction faux-amis, avec un bagage déjà chargé (verstezen qu'on n'a pas voulu traduire par parer, parce que parer c'était dans l'esprit de nous français modernes la parade bloquante classique ce que le verstezen n'était pas Pour Liechtenauer).
Si on a un mot mystère en allemand il est mieux de trouver un mot français aussi mystérieux et ambigü.
Si on a un terme français ancien, même oublié depuis qui ait correspondu à l'époque il vaut mieux l'utiliser et le remettre aux gouts du jour (ex: rompure qu'on a trouvé dans la NS). Mais ça a ses limites.
Enfin il faut aussi trouver un mot qui soit symboliquement chargé des mêmes symboles que le mot originel, quitte à diverger (Buffel-->Buffle mais qu'on a préféré traduire par Bourrin).
Il faut aussi si possible que ça décrive bien l'action, ce qui n'est pas souvent évident
Pour finir j'ajoute que moi j'aime bien avoir un mot français qui sonne comme le mot original, qui est de la même famille. C'est un plus.
Traduire, c'est choisir un compromis entre tout ça.
Et je suis sûr d'avoir oublié des choses
Il ne faut pas oublier aussi que l'on peut être lu non pas par uniquement des amheurs chevronnés mais aussi par des débutants, voire par des passionnés d'histoire tout simplement. Un français correct est un minimum.
Les textes sont une choses, les cours oraux où l'on mélange les 2 terminologies une autre.
Par contre il faudrait vraiment régulièrement reprendre les traductions et les remettre à jour, ce qui n'est pas le bout du monde avec les facilités des outils informatiques (Ctrl+H). Mais ça nécessitera donc un versionnage comme ceux qu'on peut avoir pour les logiciels, et aussi des communications systématiques quand on le fait.
J'ai encore pas mal de boulot devant moi, mais promis je vais essayer de faire ça pour le tetraptyque d'ici quelques mois.
Il y a pas mal à dire sur ce qui peut influencer les choix des termes français. Ça ne se fait pas comme ça à la légère. Il faut un terme qui corresponde bien au terme original, et souvent les sens de l'époque sont obscurs. Les dictionnaires d'allemand anciens ne sont pas toujours d'une grande utilité. On sent bien que quelques fois les auteurs des dicos ont lus nos sources et se sont contentés d'en déduire le sens dans le contexte de la phrase (ça se voit aux références qu'ils donnent). Du coup on se trouverait à traduire un terme d'une source X simplement en se fiant à l'instinct d'un érudit qui ne connait rien au sujet traité (et on sait tous comment les érudits ont abordés les traités de combat dans le passé). Il ne faut donc surtout pas prendre les définitions des dictionnaires au pied de la lettre.
Le mieux c'est toujours de se baser sur l'étymologie des mots, quand on la connait.
En outre il ne faut pas tomber dans le piège de la traduction faux-amis, avec un bagage déjà chargé (verstezen qu'on n'a pas voulu traduire par parer, parce que parer c'était dans l'esprit de nous français modernes la parade bloquante classique ce que le verstezen n'était pas Pour Liechtenauer).
Si on a un mot mystère en allemand il est mieux de trouver un mot français aussi mystérieux et ambigü.
Si on a un terme français ancien, même oublié depuis qui ait correspondu à l'époque il vaut mieux l'utiliser et le remettre aux gouts du jour (ex: rompure qu'on a trouvé dans la NS). Mais ça a ses limites.
Enfin il faut aussi trouver un mot qui soit symboliquement chargé des mêmes symboles que le mot originel, quitte à diverger (Buffel-->Buffle mais qu'on a préféré traduire par Bourrin).
Il faut aussi si possible que ça décrive bien l'action, ce qui n'est pas souvent évident
Pour finir j'ajoute que moi j'aime bien avoir un mot français qui sonne comme le mot original, qui est de la même famille. C'est un plus.
Traduire, c'est choisir un compromis entre tout ça.
Et je suis sûr d'avoir oublié des choses
Michaël Huber
- Simon
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
Super post Michael, qui éclaire que faire une traduction c'est faire des choix, et de fait, déjà faire un peu d'interprétation.
Jusqu'alors je mettais les traductions un peu au même niveau que les transcriptions : un travail sur les sources/texte. Je vois que c'est bien plus. Merci.
Jusqu'alors je mettais les traductions un peu au même niveau que les transcriptions : un travail sur les sources/texte. Je vois que c'est bien plus. Merci.
- Michael Huber
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
Oui c'est bien plus.
Le simple fait de redécouper les phrases pour y adapter une ponctuation moderne peut en changer du tout au tout la significations.
Et on est quasi forcé de l'adapter, tout en sachant que ça sera totalement invisible pour le lecteur qui ne regarde pas attentivement le texte original.
Les phrases en allemand ont une structure absolument pas reprenable telle quelle en français.
Et en effet on fait cela par rapport au sens qu'on croit qu'il a, il y a donc à ce stade déjà une interprétation.

Le simple fait de redécouper les phrases pour y adapter une ponctuation moderne peut en changer du tout au tout la significations.
Et on est quasi forcé de l'adapter, tout en sachant que ça sera totalement invisible pour le lecteur qui ne regarde pas attentivement le texte original.
Les phrases en allemand ont une structure absolument pas reprenable telle quelle en français.
Et en effet on fait cela par rapport au sens qu'on croit qu'il a, il y a donc à ce stade déjà une interprétation.

Michaël Huber
- Pierre al Chaize
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
C'est pour ça qu'à un moment, faut se retrousser les manches et lire le texte original. Comme nous tous. Et du coup accepter qu'il y a presque autant de lectures que de lecteurs (ce qui n'empêche pas chaque lecteur de tenter de convaincre les autres
)
Re: Terminologie Allemande - état des lieux
personnellement je préfère "mangeons, les enfants"/"mangeons les enfants" 
C'est exactement le problème majeur de la lecture du CGM 558 ou pour comprendre la phrase on doit séparer les propositions avec des virgules virtuelles. Est ce que je tombe entre un verbe et sa particule détachable ? Ou est le début de la nouvelle phrase ? etc.
Oui, Michael a bien résumé les différentes variables à prendre en compte dans le choix d'une traduction de mot qui possède une charge un peu technique dans le cadre du texte.
Didier
C'est exactement le problème majeur de la lecture du CGM 558 ou pour comprendre la phrase on doit séparer les propositions avec des virgules virtuelles. Est ce que je tombe entre un verbe et sa particule détachable ? Ou est le début de la nouvelle phrase ? etc.
Oui, Michael a bien résumé les différentes variables à prendre en compte dans le choix d'une traduction de mot qui possède une charge un peu technique dans le cadre du texte.
Didier
Re: Terminologie Allemande - état des lieux
Je rattrape peu à peu mon retard sur ce forum, donc désolé pour le lag dans la réaction.
Michael a en effet assez bien résumé les choses, du point de vue du traducteur.
A ce qu'il a dit, j'ajouterai un point que l'on néglige souvent : garder le terme original sous prétexte que c'est un terme technique, c'est déjà désigner ce terme comme technique. C'est lui donner un poids et une importance qu'il n'a que dans notre interprétation. Et cela peut avoir assez vite des effets pervers pour celui qui se base sur la traduction pour interpréter et va chercher à articuler sa compréhension du texte autour de ces termes techniques.
Traduire systématiquement dans la langue du lecteur permet de lever cette ambiguité et de laisser le choix de ce qui fait partie du vocabulaire technique et de ce qui relève de l'expression générale à l'appréciation du lecteur.
Michael a en effet assez bien résumé les choses, du point de vue du traducteur.
A ce qu'il a dit, j'ajouterai un point que l'on néglige souvent : garder le terme original sous prétexte que c'est un terme technique, c'est déjà désigner ce terme comme technique. C'est lui donner un poids et une importance qu'il n'a que dans notre interprétation. Et cela peut avoir assez vite des effets pervers pour celui qui se base sur la traduction pour interpréter et va chercher à articuler sa compréhension du texte autour de ces termes techniques.
Traduire systématiquement dans la langue du lecteur permet de lever cette ambiguité et de laisser le choix de ce qui fait partie du vocabulaire technique et de ce qui relève de l'expression générale à l'appréciation du lecteur.
Benjamin Conan.
Medieval Combat - Arte Dimicatoria - LAMHE Sherbrooke - De Taille et d'Estoc.
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- Michael Huber
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
C'est vrai, je me souviens m'être aperçu en voyant des étrangers parler de manuels d'escrime français (le jeu de la hache par exemple) qu'ils voyaient des termes techniques partout, là où moi francophone je ne voyais que de banals mots décrivant une action.
J'ai donc essayé de prendre moi du recul par rapport aux mots techniques étrangers supposés que je rencontrais.
En général, je considère qu'un mot est technique lorsqu'il est utilisé exclusivement dans un contexte précis. Pas de synonymes, pas de hors contexte. Les Liechtenaueriens sont assez maniaque sur ce point. Un mot est rarement utilisé à la légère, mais ce n'est pas le cas du tout des autres traditions, même germaniques.
J'ai donc essayé de prendre moi du recul par rapport aux mots techniques étrangers supposés que je rencontrais.
En général, je considère qu'un mot est technique lorsqu'il est utilisé exclusivement dans un contexte précis. Pas de synonymes, pas de hors contexte. Les Liechtenaueriens sont assez maniaque sur ce point. Un mot est rarement utilisé à la légère, mais ce n'est pas le cas du tout des autres traditions, même germaniques.
Michaël Huber
- Benoit Rêveur
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
En terminologie traductive, pour qu’un glossaire soit complet il faut un minimum de rubriques analysant divers paramètres. C’est un travail à peu près aussi long que la traduc, faisant donc l’objet d’une prestation supplémentaire.
Traduire n’est surtout pas interpréter ( règle de base de la traductologie).
Il n’y a pas d’obligation de traduire un terme par un seul autre terme : parfois l’usage de périphrase explicative peut tout aussi bien, voire mieux, expliquer le sens.
« Versetzen » est un très bon exemple de terme dont le sens peut varier selon les situations.
Traduire n’est surtout pas interpréter ( règle de base de la traductologie).
Il n’y a pas d’obligation de traduire un terme par un seul autre terme : parfois l’usage de périphrase explicative peut tout aussi bien, voire mieux, expliquer le sens.
« Versetzen » est un très bon exemple de terme dont le sens peut varier selon les situations.
- Michael Huber
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Re: Terminologie Allemande - état des lieux
Benoit Rêveur a écrit:« Versetzen » est un très bon exemple de terme dont le sens peut varier selon les situations.
Certes, mais comme c'est un terme technique, il est nécessaire pour le mettre bien en évidence de lui attribuer une et une seule traduction. Dans le cas contraire le lecteur passera à côté d'une information capitale pour la compréhension du système dans sa globalité.
Michaël Huber
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