Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales françaises?
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Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales françaises?
Je viens de me poser une question et, confessant mon ignorance, je vais m'exprimer sous votre correction à tous.
Pour autant que je sache, les sources martiales médiévales françaises sont très limitées en nombre (le plus imposant de ces ouvrages étant le jeu de la hache). Pourquoi l'Italie et l'Allemagne fourmillent de sources et pas nous?
Bon, mettons de côté l'hypothèse selon laquelle la production française était aussi imposante mais que la conservation des traités n'a pas été aussi bonne, ou que les traités existent mais n'ont pas encore été dépoussiérés.
Je me demande si ce n'est pas les rivalités internes qui ont favorisé cette richesse littéraire. Si je me rappelle bien, l'Italie du Moyen-Age était divisée en villes autonomes et rivales (Gênes, Venise...), tandis que l'Allemagne était un territoire fourmillant de principautés de puissance inégale, l'unification n'intervenant qu'au XIXe. Par comparaison, la France était relativement unifiée, en tous cas davantage, ce qui devait limiter les rivalités internes.
Comme chacun le sait, la guerre et les conflits sont la source d'innovations majeures. Peut être que ces rivalités internes, qui ont fait défaut à la France, ont alimenté la production littéraire italienne et allemande. On peut aussi penser que la multiplicité des villes ou principautés puissantes constituait le terreau favorable au mécénat et au soutien financier des maîtres d'armes, la France n'offrant pas autant d'opportunités. Par voie de conséquence, on peut supposer que la France a pu atteindre un niveau de technicité comparable à l'Allemagne et à l'Italie (je crois qu'on avait bonne réputation, non?), mais faute pour les maîtres d'armes de transcrire tout ça, notre passé n'apparaît pas avec autant de netteté.
Quelqu'un peut-il m'éclairer? Mes suppositions sont-elles fondées?
Pour autant que je sache, les sources martiales médiévales françaises sont très limitées en nombre (le plus imposant de ces ouvrages étant le jeu de la hache). Pourquoi l'Italie et l'Allemagne fourmillent de sources et pas nous?
Bon, mettons de côté l'hypothèse selon laquelle la production française était aussi imposante mais que la conservation des traités n'a pas été aussi bonne, ou que les traités existent mais n'ont pas encore été dépoussiérés.
Je me demande si ce n'est pas les rivalités internes qui ont favorisé cette richesse littéraire. Si je me rappelle bien, l'Italie du Moyen-Age était divisée en villes autonomes et rivales (Gênes, Venise...), tandis que l'Allemagne était un territoire fourmillant de principautés de puissance inégale, l'unification n'intervenant qu'au XIXe. Par comparaison, la France était relativement unifiée, en tous cas davantage, ce qui devait limiter les rivalités internes.
Comme chacun le sait, la guerre et les conflits sont la source d'innovations majeures. Peut être que ces rivalités internes, qui ont fait défaut à la France, ont alimenté la production littéraire italienne et allemande. On peut aussi penser que la multiplicité des villes ou principautés puissantes constituait le terreau favorable au mécénat et au soutien financier des maîtres d'armes, la France n'offrant pas autant d'opportunités. Par voie de conséquence, on peut supposer que la France a pu atteindre un niveau de technicité comparable à l'Allemagne et à l'Italie (je crois qu'on avait bonne réputation, non?), mais faute pour les maîtres d'armes de transcrire tout ça, notre passé n'apparaît pas avec autant de netteté.
Quelqu'un peut-il m'éclairer? Mes suppositions sont-elles fondées?
- Pierre al Chaize
- Messages: 912
- Inscription: Sam 25 Fév 2012 11:52
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Bon, mettons de côté l'hypothèse selon laquelle la production française était aussi imposante mais que la conservation des traités n'a pas été aussi bonne, ou que les traités existent mais n'ont pas encore été dépoussiérés.
Et qu'il y a eu une Révolution. Et que la conservation des manuscrits en France suit d'autres règles au cours des XVIIème et XVIIIème siècle qu'aujourd'hui. Entre autre.
Mais la différence de volume (toujours en admettant que nous raisonnons sur des stocks connus, et non sur les éventuels stocks réels) s'explique aussi par les différences dans les pratiques d'écriture. Il existe, en Italie et dans l'espace germanique un vaste mouvement intellectuel de mise par écrit des savoirs manuels qui commence au XIVème siècle. Une école historique allemande appelle ce phénomène la "fachliteratur" ou "littérature pratique". Ce phénomène touche tous les domaines, de l'escrime a la cuisine en passant par la chasse, l’hippiatrie, la divination, la nigromancie et j'en passe.
- Simon
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Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Ca peut aussi être lié à l'interdiction du duel judiciaire en France vers la fin du 14ème siècle ? Les allemands avaient toujours des raisons d'apprendre à combattre dans ce type de contexte, les français non.
Et pour rejoindre Pierre Al, peut etre avons nous aussi plus de traité allemand de cuisine que de traité français de cuisine.
Et pour rejoindre Pierre Al, peut etre avons nous aussi plus de traité allemand de cuisine que de traité français de cuisine.
- Pierre al Chaize
- Messages: 912
- Inscription: Sam 25 Fév 2012 11:52
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Je ne pense pas que l'interdiction du duel soit un réel frein à la rédaction. Le duel judiciaire n'est pas la seule ni même la principale cause de rédaction de fechtbuchen.
Pour les livres de cuisine, il semblerait que ce soit en effet le cas
. Je demanderais à Bruno Laurioux la prochaine fois que j'irais l'emmerder dans son UFR.
Pour les livres de cuisine, il semblerait que ce soit en effet le cas
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Donc la question se résume essentiellement à un courant de pensée favorable/défavorable à l'enregistrement par écrit des différents domaines relevant des amhe? C'est quand même curieux que les français ne se soient pas inspirés de leurs voisins immédiats.
- Pierre al Chaize
- Messages: 912
- Inscription: Sam 25 Fév 2012 11:52
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Il faut penser en se détachant des modèles de comportements immédiats. Au M.A. on vit dans un monde ou le voyage est rare, où les transferts de courants de pensée sont lents et pas toujours aussi riches qu'on peut les avoir aujourd'hui.
La seconde phase de rédaction, qui correspond grosso merdo au processus de réduction en art, est présent a l'échelle de l'europe, mais la première phase est plus diffuse.
Toujours dans l'optique du stock connu. On peut avoir des surprises.
La seconde phase de rédaction, qui correspond grosso merdo au processus de réduction en art, est présent a l'échelle de l'europe, mais la première phase est plus diffuse.
Toujours dans l'optique du stock connu. On peut avoir des surprises.
- Sébastien Romagnan
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- Messages: 171
- Inscription: Dim 3 Mar 2013 14:41
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
Lyude a écrit: la France était relativement unifiée, en tous cas davantage, ce qui devait limiter les rivalités internes.
Ce n'est pas évident, entre 987 et l'absolutisme, les souverains français ont du batailler dur avec les grands féodaux duc de Normandie, de Bourgogne de Bretagne ...
- Pierre al Chaize
- Messages: 912
- Inscription: Sam 25 Fév 2012 11:52
Re: Pourquoi ce vide relatif des sources médiévales français
On se trompe aussi d'échelle. L'empire germanique, c'est un ensemble de pays, plus d'une dizaine de principautés qui sont parfois très différentes, qui ont toutes leur centre culturel et intellectuel... L'italie pareil.
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