Baston ! Manuel d'Escrime Cpt de Bast 1836

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Baston ! Manuel d'Escrime Cpt de Bast 1836

Messagepar PH BAS » Mar 16 Avr 2013 11:58

Manuel d'Escrime, Capitaine de Bast, La Haye, 1836.

http://books.google.fr/books?id=zIpRAAA ... me&f=false

Je vous conseille la lecture du ch XV, p.172 car on y parle de l'espadon, du bâton à deux bouts, du bâton brisé, du fléau ou martinet, du fléau à battre le grain, et du fléau briser.

L'auteur conclu :

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Mais où vont-ils chercher tout ça ? Rares sont les autres exemples, hormis celui de GIRARD (P. -J.-F), traités des armes, La Haye, 1740. On s'amusait peut-être plus souvent avec ce genre d'armes à La Haye ?
Pierre-Henry Bas REGHT

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Re: Baston ! Manuel d'Escrime Cpt de Bast 1836

Messagepar Simon » Mar 16 Avr 2013 12:11

J'avais fait la transcription (avec l'aide de l'OCR de GoogleBooks) de ce chapitre car justement il abordait l'opposition entre épée et sabre ce que j'avais trouvé intéressant :

CHAPITRE XV.

De l'espadon. Du bâton à Jeux bouts. Du bâton brisé. Du fléau ou martinet. Du fléau à battre le grain, et du fléau brisé.


On peut tirer avec avantage l'épée contre l'espadon, car on ne porte avec cette dernière arme que des coups de taille; il en résulte qu'il faut la lever pour porter chaque coup, ce qui laisse toujours au tireur de pointe, auquel d'ailleurs la grande habitude de la fente donne bien plus d'agilité, le temps de toucher; l'espadonneur n'apprend pas à se fendre, car ayant le plus souvent affaire à un autre espadonneur, il courrait trop de dangers en le faisant; contre un adversaire armé d'une épée, l'espadonneur ne cherche jamais à porter des coups de tête , de figure , de flanc ou de cuisses, qui, demandant un plus grand déploiement de force qu'un coup de manchette ou qu'un coup de désarmement, le forceraient à se trop découvrir; il ne portera donc que ces deux derniers coups, et c'est aussi seulement à la main que le tireur de pointe tâchera de l'atteindre, pour ne pas s'exposer plus qu'il ne le faut.

Lorsque les élèves auront acquis une force raisonnable et déjà fait très souvent assaut avec beaucoup de tireurs différents, il feront bien d'apprendre l'espadon, ce qui ne leur demandera que très peu de temps d'ailleurs; ils seront étonnés de se voir bientôt supérieurs à ceux qui auront appris longtemps l'espadon sans connaître la pointe; ceux-ci ne pourront même jamais devenir aussi forts, s'ils apprennent la pointe par la suite; car la garde plus raide, les passes au lieu de la fente, et les grands mouvements de l'espadon gâtent le corps et la main pour tirer l'épée, à moins que ceux-ci ne soient faits à cette arme auparavant; tandis qu'au contraire le coup-d'œil vif, la grande agilité et la souplesse du corps et de la main , et la finesse des mouvements qu'exige le maniement de l'épée, disposent merveilleusement un tireur pour devenir fort à l'espadon, et l'exercice de cette arme augmentera encore sa force à l'épée. L'escrime , à emprunté à l'espadon les coupés de revers et les coupés de couronnement; c'est le célèbre Lafaugère qui l'a enrichie de ces derniers. L'exercice du bâton a deux bouts est très utile pour assouplir le corps , fortifier les reins et les bras , et entretenir la santé; mais il faut apprendre le jeu de Rouen; le jeu de Paris est beaucoup moins beau; le maniement d'aucune arme n'exige un exercice aussi fatiguant, mais elle est la plus sûre; un fort bâtonniste, tenant une canne ou un bâton, se tirera toujours d'affaire s'il- est attaqué même par plusieurs individus armés de couteaux ou d'épées, et il les mettra promptement hors de combat.

Le bâton brisé se compose de six bâtons d'un demi-pied de longueur , unis l'un à l'autre par des nœuds en corde de boyau; il ne sert qu'à porter des coups, mais ne comporte pas de parade.

Le fléau ou martinet qui est un bâton d'un pieds de long garni de neuf ou d'un moindre nombre de cordes en boyau, ou de lanières de peau tressées, longues d'un mètre , et terminées chacune par une balle de plomb, est une arme très redoutable; elle ne comporte qu'un seul mouvement c'est un moulinet de toutes ces balles autour de la tête du tireur; mais l'effet en est tel, que si une balle atteint l'adversaire , à l'instant toutes les autres viennent le frapper au même endroit. Cette arme, qui est une bonne défense , n'offre comme exercice aucune utilité, et est très dangereuse pour le tireur; il faut être fort au bâton à deux bouts avant de l'apprendre , sinon ou courrait le risque de se tuer soi-même en la maniant.

Le fléau a battre le grain est la seule arme qui résiste au bâton a deux bouts, quand elle est bien maniée; il faut être déjà fort bâtonniste et avoir un bras vigoureux pour apprendre à se servir de cette arme, dont les coups et les parades sont les mêmes que ceux de bâton à deux bouts, excepté les moulinets de côté que l'on ne peut faire avec le fléau.

Le fléau brisé ne diffère du bâton brisé que par une boule de fer, armée d'une pointe, qui le termine ; les parties de cette arme sont attachées par des peaux d'anguille; elle est aussi très dangereuse à manier.

Il est des maîtres de pointe qui prétendent, qu'armé d'une épée, on peut combattre avec avantage les bâtons et les fléaux, en lançant uu linge, ou un vêtement pour embarrasser le moulinet; j'ai acquis la conviction que , bien maniées , ses armes triomphent de toute résistance.




Dans la Boëssière 1818 il y a aussi cette confrontation épée versus sabre (idem chez Angelo, avec une planche en plus). Mais pas autant d'autres armes que chez de Bast.
Boëssière 1818, à partir de la page 265 :

ESPADON

L'espadon est un jeu qui a ses difficultés ; il n'est pourtant pas aussi compliqué que celui de la pointe; car il n'a que quatre positions, et les armes en ont huit. La garde en est bien moins difficile. L'espadonneur est droit sur ses jambes, le corps incliné sur la partie droite; c'est la position qui convient pour marcher en passe et rompre la mesure. On ne tire pas de cette position pour la pose et la grâce du corps les mêmes avantages que des positions obligées dans le jeu de la pointe. Il est néanmoins très important d'apprendre cet exercice lorsqu'on est déjà parvenu à un bon degré de force dans les armes, plutôt un élève se gâterait. L'espadon est dangereux pour ceux qui ne le connaissent pas; c'est un jeu fort traître. L'espadonneur ne combat ou ne doit combattre que la main ; il s’exposerait en tirant au corps; le danger est partagé par le pointeur qui doit opposer un même jeu, et tirer par conséquent à la main.

Il y a dans l'espadon deux temps, celui de lever, et celui de donner le coup. Le pointeur n'en fait qu'un, et comme physiquement celui-ci a un avantage quant à la vitesse, il s'ensuit moins de danger pour lui.

Un tireur d'armes qui apprend le jeu de l'espadon, le sait en très peu de temps; il devient même très à craindre en mêlant les deux jeux, qui lui donnent la facilité de se servir adroitement d'une canne dans un cas d'urgence et de nécessité.

Le bon tireur aura toujours le coup-d'œil plus fin, et sera plus rusé que celui qui ne saura que l'espadon. L'écolier qui aura commencé par l'usage des paniers aura beaucoup plus de- peine à réussir au fleuret; les positions sont différentes et les mouvements larges de l'espadon sont difficiles à vaincre pour parvenir à l'usage de la pointe, dont les mouvements au contraire sont fins et serrés; c'est pour cette raison qu'un bon maître fait souvent recommencer une feinte ou d'autres coups, afin d'amener l'écolier à les faire le plus, près possible du talon de l'épée sans le toucher.

J'engage donc les jeunes gens à commencer par la pointe; ils en tireront un véritable avantage pour parvenir à l'espadon; et comme un bon espadonneur doit être liant et leste, il doit volter, faire des passes en avant, en arrière, Je tout avec vitesse et légèreté; or, cela est de difficile exécution peur quiconque n'a pas le corps, souple.

Observation importante.

Il serait bien dangereux pour un pointeur et pour un espadonneur de courir l'un sur l'autre pour se toucher le corps; le pointeur courrait risque de se faire couper le bras ou la figure; l'espadonneur en levant la main pourrait se faire arrêter en seconde sur sa marche, son coup de taille tomberait 8ur la monture du fleuret de l'adversaire. L'espadon demande des connaissances et de la prudence, et Je pointeur en a également besoin devant l'espadonneur. J'ai dit, à l'article des asr saufs, qu'on ne pouvait combattre un jeu qu'en en. prenant les mêmes positions. D'après ce principe, jl faut suivre l'espadonneur qui ne tirera qu'à la main ; le tireur d'armes dans ce cas a l'avantage, puisque le coup de pointe est bien plus vite que le coup de taille, qui exige deux temps. Le pointeur, sans donner de, fer, doit avec sa garde basse attaquer la main et employer des faux temps à dessein de la faire présenter. Tous les coups de pointe doivent être lancés comme des coups de patte de chat, c'est-à-dire en retirant la main de suite; si le pointeur s’avisait de développer pour toucher le corps, l'espadonneur, toujours droit et prêt à volter ou à faire des passes, ferait l'un ou l'autre en arrière , et le bras pu la figure du pointeur se trouvera à découvert; ij est donc essentiel de prendre connaissance de tous les jeux pour savoir s'en préserver, D'après cette instruction, en voyant un tireur se mettre en garde, on devra sur sa position juger ce qu'on aura soi-même à faire.

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Re: Baston ! Manuel d'Escrime Cpt de Bast 1836

Messagepar Simon » Jeu 25 Avr 2013 09:19

PH, j'ai peut-être trouvé un truc qui t'intéresserais ici :
http://www.crcb.org/comment-se-proteger ... outs/.html

Dans l'ouvrage :
« Arts académiques, équitation, escrime, danse et art de nager » (1786). Il comporte un passage sur la « Ruse du pointeur contre les fléaux brisés, fléaux à battre du grain, et contre les bâtons à deux bouts, armes très dangereuses si on ne savait s’en défendre ».

L'ouvrage a été numérisé. Il s'agit d'une encyclopédie, on trouve des choses intéressantes pour le mot "Garde". Pour les fléaux, il faut aller à la page 306 :
http://books.google.fr/books?id=qec9AAA ... ux&f=false
Et cette fois ce n'est pas à La Haye, mais à Liège (pas si loin que cela).
Encyclopédie méthodique Volume 27 de Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières
Arts académiques: équitation, escrime, danse, et art de nager
1786

**

Sinon en cherchant "fleau brisé" :
http://books.google.fr/books?id=KpBDAAA ... CGMQ6AEwCw
Dictionnaire militaire, portatif, contenant tous les termes propres à la Guerre , sur ce qui regarde la tactique, le génie, l'artillerie, la subsistance, la discipline des troupes, et la marine
Gissey, 1758

Sur le premier site, il y a pas mal de chose intéressante sur le combat au bâton :
http://www.crcb.org/tag/combat

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Re: Baston ! Manuel d'Escrime Cpt de Bast 1836

Messagepar PH BAS » Jeu 25 Avr 2013 10:04

Merci Simon !

La preuve que je n'ai pas trop cherché, je connaissais l'ouvrage que tu cites et je l'ai déjà utilisé et cité à plusieurs reprises : Encyclopédie méthodique Volume 27 de Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières
Arts académiques: équitation, escrime, danse, et art de nager 1786


Image


Bon maintenant parlons des choses sérieuses : qui va s'y essayer ? J'ai déjà trouvé un simulateur convainquant :roll: :


http://www.trefle.com/a-vendre/divers-l ... 75056.html
Pierre-Henry Bas REGHT

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