Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
- Pierre al Chaize
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
T'ention, quand olivier parle d'escrime de salle, c'est quelque chose de très particulier, que je lis comme étant différent de "escrime de loisir". Tel que je le comprends, "escrime de salle" c'est une escrime concue en salle, surtout.
L'escrime des fechschulen est une escrime dont on ne connait pas vraiment l'origine, mais le cadre social d'application: le monde bourgeois et corporatiste.
L'escrime des fechschulen est une escrime dont on ne connait pas vraiment l'origine, mais le cadre social d'application: le monde bourgeois et corporatiste.
- Alexander Pierre
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Vi, je visais surtout ce dont Meyer parle avec une adaptation de l'art à un contexte de pratique "démartialisé".
Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Pierre al Chaize a écrit:T'ention, quand olivier parle d'escrime de salle, c'est quelque chose de très particulier, que je lis comme étant différent de "escrime de loisir". Tel que je le comprends, "escrime de salle" c'est une escrime concue en salle, surtout.
Ah, ça c'est la notion qui m'avait échappé. Par escrime de salle, je comprenais surtout une escrime conçue essentiellement pour une pratique en salle, et du coup, je voyais les passages de la Touche ou de Liancourt traitant des affaires sérieuses comme un ajout artificiel, "au cas où"...
Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Juste pour clarifier ce que j'appelle "escrime de salle".
C'est l'escrime développée et pratiquée en salles d'armes dans un environnement "sécurisé". Elle est destinée à la base à l'apprentissage et à l'entraînement en vue du combat réel, mais intègre des comportements rendus nécessaires par les moyens de protection de l'époque (entre autres, l'absence de masque). Ce n'est pas un loisir au sens ou on l'entends aujourd'hui, bien que certains aient pu le pratiquer comme tel.
Le déphasage entre cette escrime de salle, très policée, ou l'on fait la révérence avant l'assaut, ou l'on doit tenir le corps droit pour dégager la cible, et l'escrime de combat ou l'on cherche à tuer sans se faire tuer est manifeste dans les préconisations données par les auteurs en cas de rencontre réelle, où peuvent se produire des situations impossibles à simuler à la salle en regard des protections en usage.
L'épée de cour, de part sa légèreté et sa faible inertie, génère une escrime de spécialiste nécessitant un entraînement soutenu et régulier pour être efficace. Mais dans la mesure ou un certain nombre de comportements dangereux doivent être bannis de cet entraînement dans le cadre d'une pratique régulière, on arrive à une escrime spécifique, que j'appelle "escrime de salle", dont le prolongement est "l'escrime de salon" pour aboutir à l'escrime sportive.
C'est l'escrime développée et pratiquée en salles d'armes dans un environnement "sécurisé". Elle est destinée à la base à l'apprentissage et à l'entraînement en vue du combat réel, mais intègre des comportements rendus nécessaires par les moyens de protection de l'époque (entre autres, l'absence de masque). Ce n'est pas un loisir au sens ou on l'entends aujourd'hui, bien que certains aient pu le pratiquer comme tel.
Le déphasage entre cette escrime de salle, très policée, ou l'on fait la révérence avant l'assaut, ou l'on doit tenir le corps droit pour dégager la cible, et l'escrime de combat ou l'on cherche à tuer sans se faire tuer est manifeste dans les préconisations données par les auteurs en cas de rencontre réelle, où peuvent se produire des situations impossibles à simuler à la salle en regard des protections en usage.
L'épée de cour, de part sa légèreté et sa faible inertie, génère une escrime de spécialiste nécessitant un entraînement soutenu et régulier pour être efficace. Mais dans la mesure ou un certain nombre de comportements dangereux doivent être bannis de cet entraînement dans le cadre d'une pratique régulière, on arrive à une escrime spécifique, que j'appelle "escrime de salle", dont le prolongement est "l'escrime de salon" pour aboutir à l'escrime sportive.
Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Concernant Liancourt, son traité est formalisé pour s'adresser à des nobles de cours, mais c'est vraiment un traité qui à trait au combat, à mon avis.
+1 avec Alexander, je trouve que Meyer est l'exemple parfait de glissement de l'escrime martiale vers un art ou un sport. On est plus dans l'apprentissage de la manière de tuer, mais d'apprendre à se servir d'une arme uniquement, comme fin en soi. C'est peut-être un peu excessif pour meyer, mais c'est très frappant comme rupture.
+1 avec Alexander, je trouve que Meyer est l'exemple parfait de glissement de l'escrime martiale vers un art ou un sport. On est plus dans l'apprentissage de la manière de tuer, mais d'apprendre à se servir d'une arme uniquement, comme fin en soi. C'est peut-être un peu excessif pour meyer, mais c'est très frappant comme rupture.
- Alexander Pierre
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Pierre Alexandre en parlera mieux que moi: Meyer écrit en 1570 un traité d'escrime dans la continuité (en conclusion?) de la tradition liechtenauerienne et décrit une pratique de l'épée longue dans laquelle on n'utilise plus les estocs pour rendre les assauts plus sécurisés. Il s'agit d'un contexte différent mais similaire.
- Pierre al Chaize
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Meyer fait surtout la différence entre le combat a l'intérieur d'une communauté, qui ne doit pas se faire avec des estocs et des coups brutaux, et le combat pour la survie de cette communauté, qui autorise tout. Là, on est en plein dans l'affirmation des communautés bourgeoises libres de tout pouvoir étatique. C'est pour ça que je répugne à dire "escrime sportive" ou "escrime sportive" avec Meyer. Ce n'est pas parce que c'est "moins radical" que ce n'est pas du combat. C'est surtout un combat socialement acceptable. Certes, en rapport avec la domestication de la violence et la civilisation des rapports que pointent les sociologues du XXème siècle.
Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Concernant Liancourt, son traité est formalisé pour s'adresser à des nobles de cours, mais c'est vraiment un traité qui à trait au combat, à mon avis.
Liancourt est précisément l'un des traités qui m'a conduit à réfléchir au sujet de la relation entraînement/combat. Pour moi, ce traité est basé sur une escrime de salle, et est destiné à démontrer l'efficacité des principes enseignés à la salle sur le terrain.
- Simon
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
Pour des débutants isolés :
- des fleurets d'escrime moderne peuvent ils convenir dans un premier temps ? Afin d'avoir quelque chose de Low Cost qui face l'affaire.
- A t'on des exercices au mur (à faire seul donc) décrit pour l'épée de cour au 18ème ? J'en ai trouvé au 19ème. Mais je n'ai pas cherché plus que cela.
- En dehors de Meyer, a t'on des traces très anciennes d'exercices au mur ? (avant le 19ème).
Edit : je viens de trouver chez Girard, mais il ne dit pas grand chose :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k229941w/f75.image
- des fleurets d'escrime moderne peuvent ils convenir dans un premier temps ? Afin d'avoir quelque chose de Low Cost qui face l'affaire.
- A t'on des exercices au mur (à faire seul donc) décrit pour l'épée de cour au 18ème ? J'en ai trouvé au 19ème. Mais je n'ai pas cherché plus que cela.
- En dehors de Meyer, a t'on des traces très anciennes d'exercices au mur ? (avant le 19ème).
Edit : je viens de trouver chez Girard, mais il ne dit pas grand chose :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k229941w/f75.image
- Pierre al Chaize
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Re: Épée XVIIIe - bases élémentaires à connaitre
le diagramme présent dans le manuscrit de Joachim Meyer conservé à Rostock peut etre un début de piste.
http://talhoffer.files.wordpress.com/20 ... -lines.gif
Il date de 10 ans avant, mais est accolé à une copie de textes du XVème siècle.
Sans oublier que le style liechtenauerien décompose clairement le corps de manière géométrique. On peut en extrapoler, tout comme avec fiore et son segno, une logique au mur.
http://talhoffer.files.wordpress.com/20 ... -lines.gif
Il date de 10 ans avant, mais est accolé à une copie de textes du XVème siècle.
Sans oublier que le style liechtenauerien décompose clairement le corps de manière géométrique. On peut en extrapoler, tout comme avec fiore et son segno, une logique au mur.
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