Descartes - Traité touchant la manière de faire des armes
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Descartes - Traité touchant la manière de faire des armes
Ce n'est pas parce qu'on n'a pas le traité qu'on ne peut pas en causer.
33 leçons de philosophie par et pour les mauvais garçons, Alain Guyard, Éditions La dilettantes, Paris, 2013
Descartes n'était pas cartésien [...]
En fait, le truc pour comprendre Descartes, c'est qu'il ne faut surtout pas commencer par se fader le Discours de la méthode. Il faut se faire un bon petit cinoche sur ses vingt ans, à l'âge où les étudiants en droit apprennent des chansons de corps de garde et des pages de jurisprudence par cœur, et militent à droite. Descartes, lui, jette aux orties la robe et le prétoire. Il va à la salle d'escrime six heures par jour, et lorsqu'il se sent suffisamment jobard, il rédige un Traité sur la manière de faire les armes, hélas aujourd'hui paumé. C'est sa première partie qui m'intéresse : Comment esquiver l'adversaire, en tirer des avantages en mesure longue et l'amener en mesure courte. Je te l'ai déjà dit, mais ça a son importance : Descartes était plutôt minus de taille et à la rapière, il lui manquait toujours vingt bons centimètres pour ébouzer l'ennemi. D'où sa technique, très fute-fute, de fausse défense : attendre l'attaque adverse pour frapper plus vite et avant lui. Dans son opuscule, il parle de mode défensif, mais aujourd'hui, on parlerait plutôt de technique de contre, ou de contre-attaque. On s'efface devant l'offensive de l'adversaire plus grand. On le laisse entrer dans sa propre garde et, bing ! on riposte, avant que le coup de l'ennemi ne porte, quand il a perdu son avantage à l'allonge... C'est le genre de truc à faire quand un grand échalas te dévisse une droite en direct dans une baston. Tu lâches une pêche du gauche sans chercher à atteindre l'autre. Tu tapes fort et sec sur son poignet, de haut en bas, et tu te contentes de faire riper ton poing tout le long de l'avant-bras droit de l'adversaire en pivotant du buste. Ce con va empaler sa gueule tout seul contre ton poing. Y a rien à faire qu'à laisser venir. Ça paraît un peu bidon, mais ça marche. Ça marche pareil sur un middle kick latéral. Une jambe, c'est toujours plus long qu'un bras. Mais quand tu vois fuser le coup de tatane recta vers tes côtes, tu te jettes dans l'ouverture. Tu reçois le pied avec le gras du bras et tu bloques au coude. Et de l'autre main, bien ouverte, tu envoies une grosse baffe dans les claouis, tu peux pas les louper. C'est la même stratégie qu'utilisera Descartes à l'épée sur le plan tactique. Et tu vas voir, cette même stratégie qu'il met au point à dix-neuf ans, il va la transposer au plan stratégique à vingt-cinq et métaphysique à quarante.
33 leçons de philosophie par et pour les mauvais garçons, Alain Guyard, Éditions La dilettantes, Paris, 2013
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