Le combat historique
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Le combat historique
Olivier Dupuis, le président de la FFAMHE écrit l’édito de la lettre de janvier 2016 de la FFAMHE.
Cette lettre renvoie à un dossier de présentation des AMHE. Dans ce dossier, on remarque cette phrase : « Les AMHE sont un sport à réalités multiples ». Il est heureux qu’on ose qualifier de sport les AMHE, ce qui n’était pas vraiment le cas à la création de la fédération.
Le président de la FFAMHE cite l’initiative de la FFE (enfin, surtout d’un individu au sein de la FFE), de création d’une discipline de « combat historique ».
Le « Combat historique » de la FFE est présenté dans cet article de la FFE (ou du moins, par l’éducateur sportif, membre d’une commission de la FFE). Si la FFE entend faire des AMHE, elle aurait pu reprendre l’expression AMHE (qui est libre d’utilisation), ce qui aurait sonné un peu moins hypocritement (et faux, parce qu’un combat historique, ce peut être avec des armes à feu).
Le président de la FFAMHE voit dans l’initiative de la FFE « la confirmation du bien fondé de notre démarche et de notre mouvement ». Je ne saisis vraiment pas en quoi l’initiative FFE viendrait valider le travail réalisé par la FFAMHE depuis 4 ans (et le travail réalisé avant la création de la FFAMHE…). Ce serait une bien curieuse récupération de la part de la FFE.
Le président de la FFAMHE remarque qu’en matière d’AMHE, « il n’a jamais été question que nous en ayons le monopole ». C’est une réflexion profondément juste et pleine de bon sens, mais toutefois, il serait bon que le président de la FFE s’interroge sur la notion de « Fédération sportive délégataire » et également sur la réécriture il y a quelques années de la délégation de la FFE par le ministère des Sports de « Escrime (fleuret, épée, sabre) » en « Escrime » : changement qui n'est pas du tout anodin.
En attendant, il serait bon de comprendre la démarche de l’éducateur sportif à l’origine du « combat historique » au sein de la FFE. Or, son texte est pour le moins obscur sur certains points :
*** « Si l’apport des historiens est incontestable pour la contextualisation de la discipline, l’outil escrime apparait comme complémentaire et indissociable à l’apprentissage et à la réglementation » : je ne saisis pas la signification de cette phrase, si quelque pouvait m’indiquer ce qu’est « l’outil escrime ».
*** « Des ouvrages en Français, utilisant cet outil, reprennent les thèmes de cette pratique comme « La méthode catalane de Combat Médiéval » aux éditions Budo ». Dans un article où l’on s’exprime publiquement comme membre d’une commission d’un organisme, il est toujours délicat de citer ses propres œuvres comme modèle ; la prudence et la modestie devraient plutôt conduire à l’éviter. L’auteur du livre cité affirme lui-même « Cette méthode en vaut une autre, elle est empirique ». D’ailleurs, il parle au conditionnel de « combat à deux armes qui aurait pu appartenir au fameux Almogavares » (mercenaires des XIII-XIVe sur lesquels on ne dispose d’aucune source sur l’escrime qu’ils pratiquaient…). Cela paraît pour le moins le contraire même d’une démarche qui se voudrait historique…
Alors, qu’est-ce qu’est vraiment le « combat historique » : des AMHE qui ne voudraient pas dire leur nom ou un succédané d’escrime artistique qui voudrait se parer d’un peu de crédibilité historique ?
Cette lettre renvoie à un dossier de présentation des AMHE. Dans ce dossier, on remarque cette phrase : « Les AMHE sont un sport à réalités multiples ». Il est heureux qu’on ose qualifier de sport les AMHE, ce qui n’était pas vraiment le cas à la création de la fédération.
Le président de la FFAMHE cite l’initiative de la FFE (enfin, surtout d’un individu au sein de la FFE), de création d’une discipline de « combat historique ».
Le « Combat historique » de la FFE est présenté dans cet article de la FFE (ou du moins, par l’éducateur sportif, membre d’une commission de la FFE). Si la FFE entend faire des AMHE, elle aurait pu reprendre l’expression AMHE (qui est libre d’utilisation), ce qui aurait sonné un peu moins hypocritement (et faux, parce qu’un combat historique, ce peut être avec des armes à feu).
Le président de la FFAMHE voit dans l’initiative de la FFE « la confirmation du bien fondé de notre démarche et de notre mouvement ». Je ne saisis vraiment pas en quoi l’initiative FFE viendrait valider le travail réalisé par la FFAMHE depuis 4 ans (et le travail réalisé avant la création de la FFAMHE…). Ce serait une bien curieuse récupération de la part de la FFE.
Le président de la FFAMHE remarque qu’en matière d’AMHE, « il n’a jamais été question que nous en ayons le monopole ». C’est une réflexion profondément juste et pleine de bon sens, mais toutefois, il serait bon que le président de la FFE s’interroge sur la notion de « Fédération sportive délégataire » et également sur la réécriture il y a quelques années de la délégation de la FFE par le ministère des Sports de « Escrime (fleuret, épée, sabre) » en « Escrime » : changement qui n'est pas du tout anodin.
En attendant, il serait bon de comprendre la démarche de l’éducateur sportif à l’origine du « combat historique » au sein de la FFE. Or, son texte est pour le moins obscur sur certains points :
*** « Si l’apport des historiens est incontestable pour la contextualisation de la discipline, l’outil escrime apparait comme complémentaire et indissociable à l’apprentissage et à la réglementation » : je ne saisis pas la signification de cette phrase, si quelque pouvait m’indiquer ce qu’est « l’outil escrime ».
*** « Des ouvrages en Français, utilisant cet outil, reprennent les thèmes de cette pratique comme « La méthode catalane de Combat Médiéval » aux éditions Budo ». Dans un article où l’on s’exprime publiquement comme membre d’une commission d’un organisme, il est toujours délicat de citer ses propres œuvres comme modèle ; la prudence et la modestie devraient plutôt conduire à l’éviter. L’auteur du livre cité affirme lui-même « Cette méthode en vaut une autre, elle est empirique ». D’ailleurs, il parle au conditionnel de « combat à deux armes qui aurait pu appartenir au fameux Almogavares » (mercenaires des XIII-XIVe sur lesquels on ne dispose d’aucune source sur l’escrime qu’ils pratiquaient…). Cela paraît pour le moins le contraire même d’une démarche qui se voudrait historique…
Alors, qu’est-ce qu’est vraiment le « combat historique » : des AMHE qui ne voudraient pas dire leur nom ou un succédané d’escrime artistique qui voudrait se parer d’un peu de crédibilité historique ?
Re: Le combat historique
ctrlx a écrit:Alors, qu’est-ce qu’est vraiment le « combat historique » : des AMHE qui ne voudraient pas dire leur nom ou un succédané d’escrime artistique qui voudrait se parer d’un peu de crédibilité historique ?
Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'aller chercher plus loin...
Pour ce qui est de la manoeuvre de récupération des AMHE par la FFE, je pense qu'il y a de ça aussi, ou sinon au moins une volonté de surfer sur la vague suscitée par les AMHE.
Qu'il y ait des rapprochements et des coopérations entre FFAMHE et FFE ce serait très bien. Mais c'est une entreprise de longue haleine vu le passif qu'il y a entre les deux communautés. Je rappelle qu'il y a une dizaine d'année les pratiquants d'AMHE étaient pris par les cadres de la FFE pour des gentils hurluberlus dans le meilleur des cas ou pour de dangereux psychopathes à la recherche de techniques mortelles. Maintenant ils seraient presque inventeur du concept des AMHE.
Personnellement, l'article sur l'escrime historique, c 'est un vrai foutage de gueule vis à vis de la communauté AMHE. Le terme n'est pas cité. Les près de 15 d'existence du mouvement en France sont effacés, ignorés, ce qui revient à les nier en fin de compte. Le pire c'est que je ne pense pas que ce soit une maladresse.
Le fait que nous faisons de l'escrime en autodidacte n'est pas de nature à nous faire bien voir par la FFE non plus.
Forcément, ce genre de sabotage ne va pas aider les rapprochements entre les deux fédérations.
Re: Le combat historique
Je rappelle qu'il y a une dizaine d'année les pratiquants d'AMHE étaient pris par les cadres de la FFE pour des gentils hurluberlus dans le meilleur des cas ou pour de dangereux psychopathes à la recherche de techniques mortelles.
Il faut nuancer. La rencontre AMHE de Torcy en 2002 était organisé par Gérard Six, membre imminent de la FFE. Certes, après, il s'est éloigné du mouvement...
D'après ce que je sais, il a reçu au moins les reproches de l'auto-instituée "Académie des armes de France"... cela dit, il était de notoriété qu'il était en guerre avec cette "académie", il a tenu des propos très durs contre elle (une vieille inimitié entre "l'académie" et la feu-FNMA, le syndicat de maître d'armes dont s'occupait Gérard Six) : Gérard Six se moquait de ces gens qui se prétendaient "académiciens" et qui ne faisaient pas grand chose, à part se pavaner, à son goût.
Qu'il y ait des rapprochements et des coopérations entre FFAMHE et FFE ce serait très bien.
Est-ce que cela peut être autre chose qu'un truc de ce type-là ? Le gros qui bouffe le petit.
Les près de 15 d'existence du mouvement en France sont effacés, ignorés, ce qui revient à les nier en fin de compte.
Que cela vienne de la FFE, je le comprends. Mais quand c'est le président de la FFAMHE lui même qui écrit : "l’annonce de la Fédération Française d’Escrime du lancement d’une nouvelle discipline appelée « Combat Historique » [...] Il m'est donc permis de voir dans cet événement la confirmation du bien fondé de notre démarche et de notre mouvement".
En gros, c'est la FFE qui valide...
Forcément, ce genre de sabotage ne va pas aider les rapprochements entre les deux fédérations.
Le problème vient en grande partie de l'éducateur sportif qui écrit l'article.
C'est un membre de l'auto-instituée "Académie des armes de France" qui a deux défauts rédhibitoires.
*** D'une part, cette académie considère que les maîtres d'armes [s]ont la vérité révélée en matière d'escrime (et bientôt d'AMHE ?). D'ailleurs dans l'article ne lit-on pas : "En effet, L’histoire de l’escrime s’inscrit sur plusieurs générations de Maître d’Armes. Ce sont eux d’ailleurs qui ont écrit sur les techniques et l’histoire de leur art [...]".
*** D'autre part, l'académie pratique beaucoup l'escrime narcissique : c'est de l'artistique dans lequel on se contemple le nombril. Dans l'article, son auteur ne cite pas moins de quatre fois ses œuvres, sans d'ailleurs jamais dire que c'est lui qui écrit les choses en question. Et la méthode catalane où on apprend à faire des sixtes et des quartes, quand même, cela pose un léger problème historique... mais pas artistique !
Le fait que nous faisons de l'escrime en autodidacte n'est pas de nature à nous faire bien voir par la FFE non plus.
La "Commission de l'escrime artistique, de spectacle et de combat historique" de la FFE, c'est la pseudo-académie. Tant que ce sera eux qui mènent la barque, les choses ne pourront pas avancer sainement.
- Michael Huber
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Re: Le combat historique
Il faut avouer que l'absence de diplomatie de l'intéressé qui semble tout à fait instinctive et non voulue, comme si il concevait sincèrement que les autres n'existent que pour lui permettre de se mettre en scène, m'a toujours fasciné. 
Quoi qu'il en soit, j'imagine mal que les choses se passent bien désormais entre la FFE et la FFAMHE (et même les amheurs hors-système comme moi), sauf à ce que la FFE reparte de zéro sur des bases plus saines.
Quoi qu'il en soit, j'imagine mal que les choses se passent bien désormais entre la FFE et la FFAMHE (et même les amheurs hors-système comme moi), sauf à ce que la FFE reparte de zéro sur des bases plus saines.
Michaël Huber
Re: Le combat historique
Disons que les expériences sont différentes et amènent à emprunter des voies diverses :
Source : Exode 24.18
« A vingt-trois ans, je suis partit au Canigou avec la décision de faire un choix de vie en redescendant. J’ai dit à mes parents : quand je reviendrais je saurais ce que je veux faire de ma vie ». Il reste dix jours sur la montagne et à son retour, sa décision est prise : il sera éducateur.
Source : Exode 24.18
- Michael Huber
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Re: Le combat historique
Sauf que la prétention de la FFE à être délégataire sur toutes les escrimes, AMHE inclus, inquiète à juste titre.
Qui sait si à terme nous aurons, nous amheurs, le choix ?
Qui sait si à terme nous aurons, nous amheurs, le choix ?
Michaël Huber
Re: Le combat historique
Michael Huber a écrit:Sauf que la prétention de la FFE à être délégataire sur toutes les escrimes, AMHE inclus, inquiète à juste titre.
Qui sait si à terme nous aurons, nous amheurs, le choix ?
Encore une fois, je nuancerais.
Je rappelle qu'une fédération sportive délégataire n'a que le monopole de l'organisation de compétitions aboutissant à des titres internationaux, nationaux, régionaux ou départementaux.
C'est-à-dire :
- que peuvent exister des fédérations ayant la même activité, et qu'elles peuvent même organiser des compétitions.
- qu'on peut pratiquer une activité sportive seule ou sein d'une association et cela sans aucun lien avec une fédération qu'elle soit d'ailleurs délégataire ou pas.
Après, certes, être hors fédération délégataire, cela peut entraîner quelques difficultés, mais rien d'insurmontable à des personnes réellement décidées à exercer leur choix, leurs libertés (enfin, dans le cadre de l’état d’urgence prolongées dans les prochaines années).
Qu'est-ce que cela apporte à la FFE d'être délégataire d'une manière suffisamment large qui pourrait l'inciter à aller mordre du côté des AMHE ?
Sa délégation, elle ne lui apporte pas le savoir-faire ou les talents : son actuelle "Commission de l'escrime artistique, de spectacle et de combat historique", elle est constituée de spécialiste d l'escrime folklorique et narcissique, rien d'autre. Je sais bien qu'il y a un transfuge imminent de la FFAMHE au sein de cette commission, mais je crains que tout le monde ne le prenne pas totalement au sérieux, même si l'indéniable pouvoir de séduction de cet éducateur doit faire un malheur dans les cours de récréation. Et son article sur le combat historique, même Olivier Delannoy, pourtant cité, il ne l’a pas du tout apprécié (cf. commentaires).
Par contre, la délégation apporte à la FFE des moyens financiers et humains. Sur le plan financier, elle reçoit quelques millions d’euros annuels, dont beaucoup partent dans les missions qui lui sont confiées : autant dire qu’en période de difficultés financières et de disette budgétaire, il ne reste pas forcément énormément pour développer une nouvelle activité.
Le plan humain est plus pervers. Il y a des fonctionnaires qui travaillent pour la FFE. Cela crée des liens avec le ministère (pas avec les ministres, qui de toute manière se succèdent). La technostructure, elle a donc tendance à connaître la FFE et lui accorder ce qu’elle demande quand c’est possible : exemple, l’extension de sa délégation, il y a quelques années…
La grande bataille future, elle tournera sur la compétence, et plus particulièrement sur la formation et la certification. Dans son article, l’éducateur sportif a beau annoncé une activité d’édition (enfin indirecte…), un site pour regrouper les sources, de futures rencontres, il n’a pas les moyens de ses ambitions.
Par contre, lorsqu’il parle de formation, là, il pourra toujours trouver des doctorants désœuvrés (je n’ai pas dit compétents sur le sujet) et des maîtres d’armes folkloriques pour proposer un machin qui sera présenté au ministère : à une technostructure « ami ». On en est très loin à court terme, puisque même l’escrime artistique, ils n’en sont qu’à présenter des diplômes fédéraux… mais derrière, il y a potentiellement à plus long termes les diplômes d’Etat. Tout cela se sera très long.
Mais la FFAMHE a toujours intérêt à savoir comment elle se positionne. Est-ce qu’elle se soumet à la FFE ou est-ce qu’elle reste indépendante. Quel est l’intérêt d’une discipline « associée » à être dans une fédération délégataire ? Quand on n’est pas franchement orienté compétition, alors que c’est le cœur de la délégation ? Déjà, dans la FFE, certains clubs se posent parfois la question de l’intérêt d’être dans la FFE, à part subir des contraintes.
La FFAMHE, si elle veut son indépendance, elle se doit de se pencher sur la formation, sur des diplômes. Mais pour cela, il faudrait qu’elle se tourne vers le ministère des sports. Et là, elle va finir par se faire tomber sur le râble.
En effet, la FFAMHE, elle a eu un problème constitutif. A sa création, certains, refusant la notion de compétition, ont voulu occulter l’aspect sportif des AMHE et ont prétendu que la FFAMHE n’était pas une fédération sportive… D’accord, mais s’il faut un jour se tourner vers le ministère des sports, cela risque de devenir génant. Parce que cela avait été signalé il y a 4 ans, s’appeler « Fédération française », c’est réservé aux fédérations sportives délégataires, et utiliser l’expression sans être délégataire, c’est un délit pénal (7500€ d’amende - Article L131-17 du code du sport). Alors le jour où la FFAMHE pointe son nez au ministère des sports pour demander quelque chose (ou organise des compétitions… etc.), la FFE trouvera peut-être un truc à dire…
Tiens, je vais être sympa : l’actuelle FFAMHE, au cas où elle ait des velléités sportives, elle devrait changer de nom et s’appeler la « Fédération de France des Arts Martiaux Historiques Européens » : en abrégé, FFAMHE.
Re: Le combat historique
Nous en serons plus cette année sur le Combat historique. En effet, notre bouillant éducateur vient d'annoncer sur son blog :
"une Méthode de Combat Historique"
Ne doutons pas que ce sera le futur bréviaire du "Combat historique", sauce FFE.
"une Méthode de Combat Historique"
Ne doutons pas que ce sera le futur bréviaire du "Combat historique", sauce FFE.
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